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dimanche, septembre 27, 2026
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Assises nationales du litchi : La filière face à 7 obstacles matériels

Le président du GEL a exposé les particularités de la filière litchi lors de ces Assises nationales.

L’ensemble des acteurs de la filière litchi s’est réuni pendant deux jours lors des Assises nationales du litchi organisées à Toamasina.

Les parties prenantes ont échangé sur la diversification des marchés afin de booster les exportations de Madagascar, premier exportateur mondial en détenant 35 % des parts de marché et 4e producteur mondial. « La Chine, le Canada, les États-Unis, l’Inde et d’autres destinations offrent de belles perspectives. Cependant, leur ouverture exige des démarches concrètes telles que la mise en place de protocoles phytosanitaires, des négociations interétatiques, des contrôles reconnus et une organisation commerciale fiable. Le gouvernement et les professionnels doivent mener ce travail ensemble. Avec nos clients, nous avons convenu de financer une campagne de marketing et de communication basée sur la création d’un label, à l’instar de celui de la vanille et du cacao malgaches, reconnu par les grandes enseignes internationales. Le litchi malgache se distingue par son goût particulier, d’où le choix du slogan « Le goût de l’île trésor » pour stimuler la consommation européenne à court terme », a expliqué Roland Ratsiraka, président du Groupement des exportateurs de litchi de Madagascar (GEL), lors de l’ouverture de l’événement.

Difficultés de rapatriement. Cependant, « ces ambitions se heurtent actuellement à des obstacles matériels très précis », a-t-il évoqué. Premièrement, les redevances aéroportuaires et le coût du fret pèsent lourdement sur les exportations aériennes. Deuxièmement, les infrastructures aéroportuaires à Toamasina et dans les régions productrices, pour accompagner le développement de la filière, sont insuffisantes. Troisièmement, les embouteillages et retards sur la RN2 détériorent la qualité d’un fruit hautement périssable. Une coordination opérationnelle s’impose entre transporteurs, autorités routières et gendarmerie. Quatrièmement, les ruptures de la chaîne du froid et la lenteur des procédures douanières à l’aéroport d’Ivato risqueraient de détruire, en quelques heures, la valeur créée durant des mois. Ensuite, la logistique au port de Toamasina, notamment en matière de capacité de stockage, de fluidité des opérations et de fiabilité des départs, est limitée. La concurrence régionale accrue de La Réunion et de l’île Maurice, qui cherchent également à conquérir des parts de marché, nécessite un renforcement de la compétitivité de la Grande Île, en amont comme en aval de la filière. Enfin, une solution s’impose face aux difficultés de rapatriement des devises lorsque des fruits arrivent dégradés, sont refusés ou restent impayés. Sur ce dernier point, le président du GEL a plaidé pour une approche pragmatique : « L’État doit pouvoir distinguer une opération commerciale réellement en difficulté d’un manquement volontaire. Nous proposons d’étudier des procédures de régularisation documentées et réalistes, tout en travaillant avec les acheteurs sur une meilleure commercialisation, des contrats plus sûrs et une gestion plus rapide des litiges. »

Nouveaux membres. Depuis l’installation du nouveau bureau du GEL, plusieurs avancées majeures ont été enregistrées. On peut citer, entre autres, la levée de l’interdiction d’exporter les litchis primeurs, le rétablissement de l’équité dans l’attribution des quotas, la fin du blocage des exportations vers les autres marchés et l’augmentation du nombre de chargeurs.

De plus, la filière s’ouvre de nouveau à d’autres opérateurs. Le groupement a ainsi enregistré l’adhésion de deux nouveaux membres respectant le cahier des charges : disposer d’une station de traitement adaptée, assurer la traçabilité des produits, respecter les normes, honorer ses engagements envers les producteurs.

Résultats positifs. Par ailleurs, Roland Ratsiraka a annoncé que les résultats de l’audit mené cette semaine par les experts de l’Union européenne sur le contrôle sanitaire et phytosanitaire des exportations agricoles de Madagascar sont positifs. Les membres ont su démontrer que le litchi respecte rigoureusement les normes européennes, positionnant la filière comme un modèle pour les autres produits d’exportation. « À l’issue de ces Assises nationales, une Déclaration de Toamasina, faisant office de plan d’action pour les années à venir, sera adoptée. Je remercie Madame la ministre du Commerce et de la Consommation ainsi que l’ensemble de nos partenaires pour leur présence et leur engagement », a conclu le président du GEL.

Recueillis par Navalona R.

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