
Dans le cadre du mois d’Octobre Rose, la sensibilisation au dépistage précoce des cancers féminins s’intensifie à Madagascar face à des chiffres épidémiologiques alarmants. Alors que plus de 20 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés chaque année dans la Grande île, la mobilisation d’acteurs de santé comme la Fondation Akbaraly vise à sauver des milliers de vies par la prévention et un diagnostic opportun.
Dans le cadre du mois dédié à la lutte contre le cancer du sein en octobre, la mobilisation prend une ampleur capitale à Madagascar. Les données épidémiologiques du Centre international de recherche sur le cancer et du ministère de la Santé publique dressent un bilan préoccupant pour la population. On estime à plus de 20 000 le nombre de nouveaux cas de cancer détectés chaque année sur le territoire, entraînant plus de 14 000 décès annuels, soit près de 8% de la mortalité globale du pays. Face à cette réalité, la santé des femmes demeure particulièrement vulnérable. Le cancer du col de l’utérus reste la première pathologie cancéreuse chez la femme malgache, avec une incidence atteignant 45 cas pour 100 000 femmes et un taux de mortalité critique frôlant les 80%. Juste derrière, le cancer du sein figure au deuxième rang des affections les plus fréquentes. La cause principale de cette hécatombe réside dans la tardiveté des diagnostics, un obstacle majeur que les acteurs de santé tentent de surmonter en ce mois d’« Octobre Rose ».
Dépistage
La sensibilisation reste l’arme la plus efficace pour sauver des vies. L’action sur le terrain s’intensifie afin d’informer la population sur l’importance d’une prise en charge rapide. « Ces chiffres me touchent profondément puisqu’ils parlent de milliers de femmes et de familles dont la vie peut basculer avec le résultat d’un seul diagnostic », se désole Ylias Akbaraly, fondateur de la Fondation Akbaraly, dans une publication sur sa page Facebook, lorsqu’il a rappelé l’importance du dépistage. Rappelant l’enjeu du facteur temps face à la maladie, il ajoute que « lorsque la maladie est détectée tôt, les possibilités de traitement et de guérison sont plus importantes ». Grâce aux centres de santé et aux unités mobiles, l’accès aux examens se démocratise progressivement dans tout le pays. Il est crucial d’inciter chaque femme à consulter dès les premiers symptômes, car « face au cancer du sein, chaque diagnostic précoce compte ». Le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus au centre médical Kintana de la Fondation Akbaraly, situé à Ambatomena, est entièrement gratuit et sans rendez-vous tout au long du mois d’octobre. En dehors de cette campagne d’Octobre Rose, le dépistage demeure gratuit, mais nécessite une prise de rendez-vous préalable.
Narindra Rakotobe



