- Publicité -
mardi, septembre 29, 2026
- Publicité -
AccueilRégionsCommune rurale d’Ambolomoty : La rupture s’installe entre le maire et des...

Commune rurale d’Ambolomoty : La rupture s’installe entre le maire et des habitants

À Ambolomoty, dans le district de Marovoay, les relations se tendent entre le maire et une partie des habitants. Une opposition formalisée autour de terres de pâturage, une plainte faisant état de menaces et de procédures judiciaires antérieures alimentent la défiance. Dans toutes les agitations observées sur les lieux, un fait demeure : celui d’une population qui demande à être entendue.

À son deuxième mandat à la tête de la commune rurale d’Ambolomoty, le maire de cette localité fait face à une contestation qui ne se limite plus aux déclarations. Plusieurs documents consultés permettent d’en retracer certains épisodes. En effet, l’un des principaux points de crispation concerne des terres utilisées pour le pâturage. Dans une correspondance datée du 25 février 2026 et adressée au chef du district de Marovoay, des éleveurs et agriculteurs des fokontany de Tsiandrarafa et Maintimaso s’opposent à un projet de location de ces espaces à des opérateurs étrangers. Les signataires de cette lettre d’opposition – portant le cachet et la signature du chef de fokontany de Tsiandrarafa – soutiennent que « ces terres servent aux communautés locales depuis plusieurs décennies, notamment pour l’élevage », et sollicitent l’intervention des autorités. Quelques jours plus tard, dans un courrier adressé au procureur du Tribunal de première instance de Mahajanga, le différend prend une tournure plus préoccupante. Dans une plainte datée du 5 mars 2026, Rakotonirina Romy, un habitant de la commune, affirme avoir été poursuivi par le maire au marché d’Ambolomoty et rapporte avoir fait l’objet de « menaces de mort ». Si le dépôt de cette plainte est documenté, les faits dénoncés restent, eux, à établir par la justice.

Ébranlée

Le malaise intervient sur un terrain déjà fragilisé. Des pièces judiciaires que nous avons pu consulter montrent qu’en 2023, l’élu avait été poursuivi devant le Pôle anti-corruption de Mahajanga dans une procédure pour « abus de fonction ». Un jugement a été rendu le 8 septembre 2023. Les documents disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer l’issue de cette procédure le concernant. Sur place, le ressentiment est désormais palpable. Des habitants comme Bruno (un olobe du village) « disent avoir longtemps préféré garder le silence, craignant menaces ou représailles ». Actuellement, certains interpellent directement les autorités compétentes et réclament « une réponse à leurs doléances ».

Répliques

Intervenu auprès de la presse locale sur ces différents griefs, le maire rejette les accusations portées contre lui. Sur le dossier foncier, il affirme que la décision concernant les terrains ne relève pas de lui seul, mais d’une délibération du conseil communal. Selon sa version, celle-ci aurait été prise en présence de nombreux habitants, avec un procès-verbal du président de fokontany, avant transmission au district dans le cadre du contrôle de légalité. Le district n’aurait finalement pas donné son aval à la cession envisagée.

Le maire conteste également la présentation faite de l’utilisation des terrains. Selon lui, ceux-ci ne seraient pas effectivement exploités par les personnes revendiquant leur usage. Il avance par ailleurs qu’une partie de la zone servirait au recel de bœufs volés, une affirmation que nous n’avons pas pu vérifier à ce stade.

Concernant la plainte du 5 mars, l’élu nie catégoriquement avoir poursuivi Rakotonirina Romy avec une arme blanche. Il parle d’une «machination » destinée à nuire à son image et affirme avoir été entendu à Mahajanga dans le cadre de l’affaire. Il soutient également que le boucher présenté comme témoin de la scène n’aurait pas confirmé les accusations. Ces différents éléments restent à confronter aux résultats de la procédure.

Politicienne

La situation dans la commune rurale d’Ambolomoty fait apparaître la perte apparente du lien de confiance entre gouvernants et gouvernés. Elle est également rattrapée par les rivalités politiques. Certains acteurs attribuent la contestation à une volonté de démettre le maire pour installer un président de délégation spéciale. Les habitants « victimes » rejettent cette lecture et assurent que leur démarche concerne avant tout la gouvernance de leur commune. Laisser cette défiance s’installer sans réponse risque surtout d’éloigner davantage les administrés de leurs institutions. Quand des citoyens disent craindre celui qui exerce l’autorité municipale, leur parole et les faits qu’ils dénoncent méritent, au minimum, d’être examinés par les institutions compétentes.

José Belalahy

- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici