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mardi, septembre 29, 2026
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Industrialisation : L’INBAR accélère l’économie verte grâce au bambou

Toutes les parties prenantes œuvrant pour l’industrialisation de la filière bambou.

L’ensemble des parties prenantes œuvrant pour la filière bambou s’est réuni la semaine dernière lors d’un atelier de consultation multi-acteurs pour le développement des systèmes de marché et des chaînes de valeur du bambou, à l’hôtel Ibis Ankorondrano.

Cet événement a été co-organisé par l’INBAR (Organisation internationale du bambou et du rotin) à Madagascar et le CMBART, en partenariat avec le ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD). « L’objectif consiste notamment à mobiliser les membres du secteur privé et les promoteurs de projets se lançant dans la transformation de cet « or vert » de la botanique pour promouvoir l’industrialisation. La coordination des actions entre les différents acteurs, ainsi que l’harmonisation de tous les projets en cours, pour ne citer que le projet B-Resilient, le projet d’appui à la filière bambou mené par l’Église FLM et le projet de l’INBAR à Madagascar, s’imposent également pour assurer une meilleure efficacité des résultats. En effet, l’on constate une grande complémentarité dans leurs interventions pour le développement de la filière. L’identification précise des besoins du marché n’est pas en reste », a évoqué Njaka Rajaonarison, coordinateur national de l’INBAR à Madagascar, lors de l’ouverture officielle de cet atelier.

De nombreux avantages

De son côté, le ministère de l’Environnement et du Développement durable s’engage fermement à promouvoir cette chaîne de valeur. « Il s’agit d’une filière contribuant directement à la protection de l’environnement tout en créant des emplois verts au profit des jeunes et des femmes. À titre d’illustration, le bambou permet de lutter contre l’érosion des sols, de restaurer les terres dégradées et de juguler la déforestation grâce à la production de charbon vert. La filière contribue ainsi pleinement à la croissance verte à Madagascar », a souligné la directrice des Aires protégées, des Ressources naturelles renouvelables et des Écosystèmes de ce département, Ratefason Tojotsara. Divers projets et acteurs de la filière ont également exposé les avancées de l’exploitation du bambou, désormais qualifié d’« acier végétal ». En parallèle, des experts chinois représentant le Centre international pour le bambou et le rotin (ICBR) entendent transférer des compétences et des technologies de pointe pour dynamiser l’industrialisation du bambou à Madagascar. Les débats ont rappelé que la ressource peut être exploitée pour fabriquer des matériaux de construction (madriers, parquets), des meubles, de la pâte à papier, du charbon ou encore des filtres pour purifier l’eau. Ses fibres servent également à confectionner des textiles en viscose. Le bambou trouve en outre des applications innovantes dans l’électronique, l’informatique ainsi que dans l’alimentation des centrales électriques à biomasse.

Sécuriser la production

Par ailleurs, une étude de faisabilité couvrant ces diverses opportunités de transformation est actuellement menée par l’ICBR dans le cadre de la mission de ses experts à Madagascar. Signe de l’intérêt régional pour l’expérience malagasy, une délégation de techniciens venus d’Éthiopie et engagés dans un projet similaire axé sur le bambou et les fibres végétales a également pris part à l’atelier. Au final, l’INBAR entend accélérer la transition vers l’économie verte en misant sur l’industrialisation de la filière. En amont, le secteur privé est incité à mettre en place des pépinières à grande échelle de bambou pour sécuriser la production, garantissant un approvisionnement régulier des usines de transformation. Il convient de noter que les produits dérivés du bambou sont particulièrement prisés sur le marché international. « Ces opportunités demeurent encore méconnues des acteurs nationaux, qui se limitent en grande partie à la fabrication de meubles, d’articles artisanaux et de charbon. Pourtant, la ressource peut même être transformée pour produire de la nourriture animale destinée à l’élevage de vaches laitières, de poissons et de volailles », a conclu Jean-Yves Razafindrakoto, président du CMBART.

Navalona R.

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