
La 11e Réunion annuelle de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), organisée à Doha, ouvre une nouvelle phase qui pourrait offrir des opportunités importantes à Madagascar.
Pour la Grande île, l’enjeu ne consiste pas seulement à suivre l’augmentation annoncée des capacités de financement de la Banque, mais surtout à mieux préparer et positionner ses projets structurants. Madagascar est représenté à cette rencontre par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, gouverneur de l’AIIB pour Madagascar, accompagné notamment de Dorette Ratsiavahana, directeur général du Trésor et gouverneur suppléant. Leur participation permet au pays de suivre de près les nouvelles orientations de l’institution et de renforcer le dialogue autour de ses priorités d’investissement. Les perspectives annoncées à Doha sont significatives. La présidente de l’AIIB, Zou Jiayi, a indiqué que la Banque ambitionne de porter son financement annuel à environ 20 milliards USD à l’horizon 2030. Parmi les secteurs prioritaires figurent les énergies renouvelables, la résilience climatique, la connectivité et la transformation numérique, autant de domaines qui correspondent à plusieurs besoins de Madagascar.
Des projets viables. Mais l’accès aux financements dépend aussi de la maturité des projets. Le message a notamment été porté par Sulton Rahimzoda, gouverneur de l’AIIB pour le Tadjikistan et vice-président du Conseil des gouverneurs. Celui-ci a plaidé pour des investissements plus rapides et plus intelligents, tout en insistant sur l’accompagnement des pays membres dans la préparation de projets bancables, capables d’attirer également les capitaux privés. Pour Madagascar, cette orientation revêt une importance particulière. Les besoins restent considérables dans l’énergie, les transports, l’eau, le numérique ou encore les infrastructures résilientes au changement climatique. L’enjeu sera donc de transformer ces besoins en projets suffisamment préparés, techniquement solides et financièrement viables. La participation malgache à Doha vise ainsi à mieux positionner ces priorités dans le dialogue avec l’AIIB, afin de mobiliser non seulement des financements, mais également l’expertise nécessaire à la préparation et à la structuration de projets à fort impact. En vue d’intensifier la coopération, la délégation malgache a tenu, hier en fin de journée, une rencontre bilatérale avec la présidente de l’AIIB, Zou Jiayi. Nous en reparlerons.
Antsa R.




