Alors que les perspectives climatiques régionales appellent à anticiper de nouvelles tensions sur les ressources hydriques, Madagascar explore une autre voie pour sécuriser l’approvisionnement du Sud. Il s’agit de transformer l’eau de mer en eau potable.
Une solution prometteuse, mais dont la faisabilité économique reste encore à démontrer. Le Gouvernement, via le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, vient de signer un accord avec la société chinoise Jiangsu Bangtec Huachuang Sci-Tech pour étudier l’installation d’unités de dessalement dans les régions du Sud. À ce stade, il ne s’agit pas encore de construire des infrastructures. L’accord consiste en des études qui devront déterminer les technologies adaptées, leur viabilité économique, les modalités de financement, mais aussi les conditions d’exploitation et de maintenance.
Plus. Cette démarche intervient dans un contexte climatique particulier. Les travaux du SWIOCOF-15b portent sur la saison allant d’octobre 2026 à avril 2027, dans un contexte marqué par El Niño. Les experts régionaux surveillent notamment les précipitations, les épisodes secs et les risques de sécheresse intermittente, avec leurs conséquences possibles sur l’eau et l’agriculture.
Au-delà. Pour le Sud malgache, l’enjeu dépasse donc la réponse à une seule saison déficitaire. Il s’agit de réduire la dépendance des populations à une ressource pluviométrique particulièrement irrégulière. Il convient de noter qu’une première initiative est déjà annoncée à Tsiarangoty, dans le district d’Ambovombe. L’installation envisagée devrait produire jusqu’à 1 500 m³ d’eau potable par jour et approvisionner plus de 75 000 personnes. Sa mise en service est annoncée pour janvier. Le dessalement pourrait ainsi devenir une nouvelle composante de la sécurisation de l’eau dans cette partie du pays. Si la piste est lancée, l’on se demande combien coûtera réellement chaque mètre cube produit et acheminé jusqu’aux ménages.
José Belalahy




