Pour marquer le 28 septembre, Journée mondiale de l’information et Journée internationale de l’accès universel à l’information, trois voix majeures du secteur, notamment David Walmsley, président du Forum mondial des rédacteurs en chef et rédacteur en chef du Globe and Mail, Mariya Gabriel, sous-directrice générale pour la communication et l’information à l’UNESCO, et Liz Corbin, directrice de l’information à l’Union européenne de radiodiffusion, interpellent la communauté internationale. Ils rappellent que l’information est le socle de la liberté et de la démocratie. Sans elle, les citoyens perdent la capacité de comprendre, de juger et de décider.
Ils dénoncent le paradoxe de notre époque : jamais les sociétés n’ont été aussi connectées, et pourtant jamais elles n’ont été aussi vulnérables à la manipulation. Les algorithmes favorisent l’indignation plutôt que l’exactitude, l’intelligence artificielle fabrique des mensonges crédibles à grande échelle, et les coupures d’Internet, 313 recensées dans 52 pays en 2025, illustrent la fragilité des droits fondamentaux.
Cette tribune souligne que 141 pays disposent de lois garantissant l’accès à l’information, mais que leur mise en œuvre reste défaillante. Les organismes de contrôle sont affaiblis par des budgets insuffisants et des pressions politiques. Le test mené en 2025 par l’UNESCO et le Centre pour le droit et la démocratie est révélateur : près de quatre demandes sur dix n’ont reçu aucune réponse, et le délai moyen de traitement a atteint 22 jours.
Les trois auteurs alertent aussi sur le coût colossal de la désinformation, évalué entre 350 et 510 milliards de dollars par an. Ses effets sont concrets : affaiblissement des politiques de santé publique, distorsion des élections, retard dans l’action climatique, pertes financières et érosion de la confiance institutionnelle.
Face à ce vide informationnel, ils réaffirment le rôle vital du journalisme indépendant, malgré la fragmentation des audiences, les contraintes financières et les ingérences politiques. Ils appellent à investir dans le journalisme d’intérêt public, à protéger l’indépendance éditoriale, à renforcer l’éducation aux médias et à développer la coopération transnationale.
Walmsley, Gabriel et Corbin affirment ainsi que l’intégrité de l’information n’est pas une exigence abstraite. Elle conditionne la démocratie, l’économie et la capacité des citoyens à agir en connaissance de cause. En tout cas, ce message est clair. Le 28 septembre doit être un moment de mobilisation : la liberté d’informer et d’être informé est une nécessité vitale pour des sociétés ouvertes et responsables.
Recueillis par Hanitra Andria




