Ce vendredi à La City Ivandry, Da Hopp célèbre ses 35 ans de scène aux côtés du groupe 18.3, réunissant deux formations emblématiques qui ont façonné l’histoire, la métrique et l’identité du rap malgache.
Da Hopp partage la scène avec 18.3, vendredi 2 octobre à 20 h 30, à La City Ivandry, tout autant intrigant que nostalgique. Une combinaison « de la célébration des trente-cinq années de scène et du retour de 18.3 », éclaire Boubou, le manager « homme à tout faire » de Da Hopp. Du temps où la dynamique du flow, le boombap classique, etc., accrochait la génération « old school millennials », qui avait une certaine mélomanie et une soif de se tirer vers le haut. Les titres sans équivoque, comme « Fanantenana », constituent autant de preuves. Da Hopp a apporté l’orchestre aux côtés du DJ dans le rap, pionnier dans le genre. Alors, sa musique s’appropriait cette métrique naturelle qui allait élargir la clôture. Sans la franchir, pour ne pas trop froisser les puristes. Da Hopp, aux côtés des Shao Boana, de Rayz, un « groundbreaker » discret, et d’autres, a moulé et donné du relief pour que le rap soit considéré comme une culture à part entière et non comme un loisir passager de lycéens, portant la voix et la vision de leur génération. Puis vinrent les 18.3, quand toute rime était forcément rap. Sauf que le groupe faisait rire, une tendance rien qu’à entendre les « boys band » comme Tempo Gaigy, avec certains lyrics certes péquenauds, mais à l’humour potache et accrocheur. Donc, populiste. Le duo du rap actuel Tongue Nat et Slam Jah distillait cependant un humour urbain dans lequel s’identifiaient les Tananariviens et Tananariviennes bercés par la « TVM », la télévision nationale et ses émissions. Demis Roussos, le plus poilu des chanteurs français, et Dalida, toxicomane blonde, en idoles forcées. Le rap était alors une autre fenêtre, un autre horizon. « Pour la présence de Sheo, il sera de plus en plus présent. Il prépare d’ailleurs son installation au pays pour se consacrer au rap », ajoute Boubou. Da Hopp est maintenant un quatuor. « Nous sommes en train de finaliser un album et un clip, alors sa présence est impérative », poursuit-il. Dès lors, vendredi, le groupe chantera tous les titres de ces 35 ans ; souvent, il propose au public ses chansons phares. L’année 2027 s’annonce avec un nouvel album, attendu et sûrement engagé, et un « big » concert.
Maminirina Rado




