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mercredi, septembre 30, 2026
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Dossier : Rn2, Rn4, Rn6:  théâtre de feu de brousse

Les herbes sont calcinées!
À Ambondromifehy, les villageois se mobilisés pour éteindre le feu.
Désert de cendre.

Les Routes Nationales n⁰ 2,4,6 se sont transformées en lames de bitumes au milieu de l’enfer. Les feux de brousse font rage. Exceptés l’incendie accidentellement provoqué par les fabricants de charbons ayant calciné une village tout entier, les flammes semblent continuer leur chemin en traversant les monts et les montagnes longeant les trois routes nationales précitées.

Tout est ravagé!

De la région sofia jusqu’à proximité d’Ankazobe en passant par Ambondromamy et Betsiboka, les collines sont décoiffés par des cendres noirs. Apparemment , la malédiction s’est abattue sur quatre régions, à savoir DIANA, Sofia, Betsiboka, Analamanga. .. La nuit, les montagnes sont colorées en rouge. Personne n’intervient parce que c’est trop risqué!

 Samedi 19 septembre dernier, ala fady-fôret sacrée d’Ankarana a été menacée par le feu. Après avoir rongé une dizaine d’hectares, les habitants riverains se sont mobilisés pour éteindre  la braise ardente broyant les herbes et les arbres avec quelques bidons d’eau de 25 litres. « L’origine diriez-vous? Nous ne le savons pas. L’important est d’arrêter la propagation de la flamme», a répondu un jeune homme interrogé par des journalistes présents sur le lieu. Cette initiative des villageois démontre que la protection de cette forêt  leur tient à cœur. Carrière de saphir depuis la fin des années 1990, ensuite déclaré depuis le premier mandat de Marc Ravalomanana aire protégée, ce vaste terrain couvert de bois s’avère parfois un théâtre de feu de brousse.

Les interprétations

Face à cette situation, des observateurs, les sociologues ainsi que les spécialistes environnementaux essaient de décrire le phénomène. Kamary Miantsoarivo, un instituteur de Maevatanana affirme : « chaque année, on trouve cet acte pitoyable malgré la sensibilisation des ONG et les autorités locales. Nous ne savons pas qui sont les coupables. Depuis une décennie, les chefs fokontany déploient des agents pour lutter contre le feu de brousse. Hélas, ceux-ci n’obtiennent guère de résultats». Les criminels environnementaux sont toujours en liberté. À vrai dire, l’adage des aïeux : « izay mandoro ala, mandoro tanindrazana», littéralement, « celui qui brûle la forêt, brûle la patrie», n’est malheureusement pas ancré dans l’esprit de ces malfaiteurs. Par conséquent, les espèces endémiques se sentent en danger et quittent leur demeure. Dany Fenitra-Soavamanana,  enseignant-chercheur spécialiste en environnement rural pointe du doigt les techniciens. D’après lui, ces spécialistes   ont du mal à expliquer   d’une manière tonifiante les méfaits du « doro tanety». « Cela fait plus de six décennies que les campagnards pratiquent le tavy. Personnellement, les techniciens n’ont guère su convaincre nos compatriotes», a-t-il souligné. Quant au sociologue Dr Lanja Raherimanintriavo, il insiste sur la revendication des paysans. « Ils veulent dire quelque chose. Ils ont l’impression que le gouvernement ne tend pas l’oreille. Alors, ceci est un moyen d’expression. Incendier, c’est aussi se faire entendre», a-t-il conclu. Oui, les arbres brûlés émettent des sons de déception, de souffrance. Il faut tout de même le dire, tout le monde sera victime du dérèglement climatique.  La chanson  de Mily Clément « mandrôra mantsilañy» est bel et bien dans la playlist de la radio carte de nos ruraux. Le message s’envole avec la fumée!

Bien que les représentants étatiques dans les faritra fassent en sorte que cette erreur de première catégorie ne se reproduise plus, le département siégé à Antananarivo n’a jusqu’ici réagi. Pas de déclaration, pas de sanction!

En parallèle, un projet a été élaboré

Le lancement du projet de Renforcement des Investissements dans la Restauration des Ecosystèmes (IREMA) salle de réception Lucien Botovasoa le vendredi 11 septembre 2026. Il s’agit de « mobiliser et engager les parties prenantes régionales, les autorités, la communautés» afin de préserver l’environnement. Ce qui prouve que les responsables étatiques, en l’occurrence la Direction Régionale de l’Environnement et de Développement Durable de la pointe du pays fait de tout bois au feu dans la visée d’éradiquer le problème. Lors du lancement, les hautes personnalités , les maires des communes rurales du District de Diego II n’ont pas seulement assisté mais se sont mis d’accord pour inciter leurs concitoyens à adhérer à ce projet. Huit jours plus tard, les voyous pyromanes vont en contre sens!

La protection de l’environnement, les  luttes  contre le feu de brousse et  le réchauffement climatique sont des combats multisectoriels. Toutes les entités ont leur part de responsabilité. Toutefois, cela exige un bel effort. « Nous devons adopter une stratégie plus efficace. Le reboisement n’est pas une fin en soi.  Des sanctions sociales devraient être mises en place pour mener à bien les travaux effectués par les volontaires engagés.

Iss Heridiny

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