
Bonne nouvelle pour les finances publiques. Le FMI a achevé, avant-hier, les troisième et quatrième revues combinées des programmes de Madagascar soutenus par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Sur ces deux financements, le premier concerne la FEC à hauteur de 73,32 millions de DTS, soit environ 100 millions de dollars, et le second, au titre de la FRD, pour un montant de 40,732 millions de DTS, soit environ 55 millions de dollars.
Globalement satisfaisante
Une bouffée d’oxygène pour l’économie puisque, derrière cette décision du Conseil d’administration, se trouvent des financements d’un total de 155 millions de dollars, mais également, et surtout, la possibilité pour le pays de poursuivre les programmes de réformes pour le développement. Ce déblocage résulte notamment des discussions techniques menées par l’équipe du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé. Des discussions qui ont abouti à un programme convaincant pour le FMI.
Dans son communiqué, le Fonds indique notamment que la mise en œuvre de la FEC est jugée globalement satisfaisante. Et ce, malgré un contexte économique et politique jugé particulièrement vulnérable. « Madagascar traverse une transition politique, après les manifestations liées notamment aux problèmes persistants d’électricité et d’approvisionnement en eau », cite-t-il, entre autres problèmes rencontrés par le pays : les conséquences des cyclones tropicaux survenus cette année ; la hausse des cours mondiaux du pétrole ; les effets indirects de la guerre au Moyen-Orient ; et les dégâts subis par le secteur minier.
Des difficultés qui n’ont pas empêché le gouvernement de présenter des programmes convaincants. Durant un point de presse tenu, hier, au siège du FMI à Anosy, Constant Lokeng, le chef de mission pour Madagascar, a tenu à préciser que les financements accordés par le FMI sont issus des programmes du gouvernement et non pas ceux du Fonds.
La subvention profite aux riches
Des programmes qui ne seront, pour autant, pas faciles à mener puisque le gouvernement va devoir prendre des mesures qui ne seront forcément pas populaires. Pour ne citer, entre autres, que le retour complet à l’ajustement automatique des prix à la pompe des carburants à partir de janvier 2027.
Sur ce point, Constant Lokeng a expliqué que cette mesure est essentiellement destinée à protéger les finances publiques contre les effets néfastes de la subvention des carburants. « La subvention profite surtout aux riches », a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il est plus juste d’utiliser les fonds publics pour les secteurs vitaux comme la santé, l’éducation ou encore la sécurité.
En somme, le FMI recommande d’éviter que les fluctuations des cours internationaux du pétrole ne créent des risques budgétaires importants, et de réorienter les ressources publiques rares vers l’éducation, la santé et la protection sociale. Le FMI estime également que Madagascar doit intensifier ses efforts de mobilisation des recettes intérieures et renforcer la gestion des finances publiques.
Sur ce point, Constant Lokeng a reconnu les efforts menés par le ministère de l’Économie et des Finances, notamment à travers la lutte contre les fraudes fiscales et douanières. Notons que, dans ce programme, le FMI table sur une croissance de 3,8 % en 2026, contre 3,1 % en 2025. Pour 2027, la projection est de 4,5 %. Une tendance réelle vers la croissance pour les années à venir.
R.Edmond.




