
À Madagascar, l’accès à l’électricité demeure un défi majeur. Le taux d’électrification est estimé à seulement 14% au niveau national et à près de 5% en milieu rural. Dans de nombreuses localités, l’électricité reste encore un luxe difficilement accessible.
Connu pour ses actions dans la nutrition, l’agriculture et le développement rural, le Gret intervient également dans le secteur de l’énergie depuis 2008. L’organisation a notamment porté les projets Rhyviere 1 et 2, un programme ambitieux d’électrification rurale basé sur l’hydroélectricité dans plusieurs communes de la Haute Matsiatra. Si le projet a permis la mise en place d’infrastructures et la structuration d’une gouvernance locale autour de l’énergie, tous les objectifs initiaux n’ont pas pu être atteints, notamment en raison des perturbations engendrées par la crise sanitaire de 2020.
L’expérience acquise a toutefois servi de base à de nouvelles initiatives. De nouveaux partenaires techniques et financiers ont, en effet, choisi d’accompagner cette ONG afin de poursuivre et d’élargir les actions engagées sur ces territoires.
C’est dans cette continuité qu’ont vu le jour les projets TOTEM et Amasol. Le premier, financé par le Fonds français pour l’environnement mondial, associe électrification, écoconstruction, protection des bassins versants et développement économique local. Le second mise sur l’installation de mini-réseaux solaires photovoltaïques dans plusieurs communes de l’Amoron’i Mania.
Aujourd’hui, plus de 8 000 ménages bénéficient de ces infrastructures, qui permettent à des villages parfois enclavés d’accéder à une électricité fiable. Mais, pour le Gret, l’enjeu ne se limite pas à l’éclairage des foyers. L’électricité est avant tout un levier de développement économique. Elle favorise l’émergence de petites entreprises, soutient les activités agricoles et commerciales et ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes.
Cette démarche s’accompagne d’un important travail de préservation de l’environnement. La protection des bassins versants, le reboisement et la sensibilisation des communautés sont, en effet, considérés comme indispensables pour garantir la pérennité de ces infrastructures énergétiques.
Hanitra Andria




