
L’AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank) élargit de 15% à 25% la part de ses financements destinée aux membres non régionaux. Madagascar veut profiter de cette ouverture avec trois projets prioritaires déjà sur la table à Doha.
Une fenêtre de financement plus large s’ouvre pour Madagascar auprès de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB). Lors d’une rencontre bilatérale tenue à Doha entre le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, et la présidente de l’AIIB, Zou Jiayi, la Banque a annoncé une évolution majeure de sa stratégie envers ses membres non régionaux. La part maximale de ses financements pouvant leur être consacrée passe désormais de 15% à 25% du volume total. Pour Madagascar, membre de l’AIIB depuis 2018, cette décision pourrait changer d’échelle la coopération avec l’institution. Zou Jiayi a d’ailleurs indiqué que la Banque entend être plus proactive durant sa deuxième décennie et concrétiser davantage de projets dans le pays. Le ministre a soutenu que le déficit d’infrastructures ferait perdre environ 2% du PIB chaque année au pays, tandis que les investissements engagés au cours des dix derniers mois auraient déjà permis de générer un gain estimé à 1,1% du PIB.
Coopération intensifiée
La délégation malgache ne vient pas les mains vides. Trois dossiers ont été mis en avant par le ministre, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé. Le plus avancé est le Programme de transport multimodal et de logistique, développé avec la Banque mondiale, pour lequel une contribution d’environ 100 millions USD de l’AIIB est envisagée. Selon les échanges, le dossier est pratiquement prêt côté AIIB et pourrait être présenté à son Conseil d’administration dès le premier trimestre 2027, une clarification restant attendue sur la composante ferroviaire. Le projet de corridor, lié notamment à la RN9, figure également dans le pipeline, avec un appui déjà accordé pour les études préparatoires. À cela s’ajoute un important projet d’énergie verte, que Madagascar souhaite structurer avec plusieurs bailleurs internationaux. Le ministre a toutefois insisté sur un point : accélérer les infrastructures ne doit pas conduire à fragiliser la dette publique. Madagascar, qui a déjà connu les effets d’une crise d’endettement par le passé, veut privilégier des montages soutenables et des cofinancements avec la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et d’autres partenaires. L’AIIB s’est dite disposée à travailler dans ce sens. Pour le pays, l’enjeu est de combler un déficit d’infrastructures qui pèse sur la croissance et de profiter d’une Banque qui vient précisément d’élargir son espace d’intervention hors d’Asie.
Antsa R.




