
Des éléments des forces armées malgaches suivent actuellement un stage de deux semaines dans l’île sœur dans le cadre de la coopération militaire franco-malgache.
Entraînement au combat
Durcir l’entraînement, élargir les compétences et rapprocher les savoir-faire. C’est le sens donné à cette nouvelle séquence de coopération militaire franco-malgache à La Réunion. Les militaires malgaches sont accueillis au Centre d’aguerrissement commando des forces françaises basées à La Réunion pour un stage de deux semaines articulé autour de deux volets, notamment l’aguerrissement et l’entraînement au combat. L’objectif affiché, selon un officier français interrogé par notre rédaction, est également de permettre aux deux armées de mieux se connaître et d’échanger sur leurs capacités opérationnelles. Une coopération qui pourrait notamment trouver un terrain d’application dans les situations d’urgence liées aux phénomènes climatiques dans la région, notamment lors des cyclones.
Bataillon parachutiste
Le volet aéroporté occupe également une place importante dans cette coopération. Des parachutistes malgaches du Bataillon parachutiste bénéficient d’une formation consacrée à la manipulation du matériel, aux procédures de largage et aux sauts. Les stagiaires travaillent notamment sur les parachutes à ouverture automatique et sur les techniques d’ouverture commandée. Cette instruction s’inscrit dans la continuité des formations déjà dispensées cette année aux troupes aéroportées malgaches à La Réunion. Le ministère français des Armées avait notamment fait état, en juin et juillet, d’actions consacrées au matériel parachutiste et aux différentes phases de pliage et de conditionnement des parachutes.
Pilotage de drones
L’autre axe de cette coopération concerne les drones. Six militaires malgaches suivent actuellement une formation de quinze jours, toujours à La Réunion, consacrée au pilotage et à l’emploi de drones de reconnaissance. La formation porte notamment sur le drone Matrice 4T, équipé de capacités thermiques. L’objectif, indique-t-on, est de renforcer le savoir-faire technique de l’armée malgache dans l’utilisation de ces moyens de reconnaissance. Cette orientation n’est pas nouvelle. Des formations françaises au profit des forces malgaches ont déjà porté cette année sur l’emploi tactique des drones, notamment dans le cadre d’actions conduites à Madagascar par le 5e Régiment étranger.
« Dynamique et stable »
Pour un officier supérieur français en poste à La Réunion, la coopération militaire franco-malgache demeure « dynamique et stable ». Les échanges de formation sont fréquents, avec plusieurs séries de formation organisées quasiment chaque mois. Un rythme qui traduit une volonté de maintenir les deux armées dans une logique de contacts réguliers et d’échanges de compétences. Les formations dans l’île sœur interviennent d’ailleurs dans un contexte où les activités militaires franco-malgaches se sont multipliées depuis le début de l’année, aussi bien à Madagascar qu’à La Réunion. Cette nouvelle série de formations coïncide aussi avec le passage à La Réunion de Pégase 26 du 2 au 7 octobre. La mission française a mobilisé d’importants moyens aériens, dont des Rafale, un A400M et un A330 MRTT, dans le cadre d’un déploiement de longue distance dans la zone indopacifique.
Mai 2027
Des responsables militaires malgaches, dont le ministre des Forces armées, le général Ely Razafitombo, ont été invités à assister à cet événement. La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, était également à La Réunion dans le cadre de Pégase 26, avant de poursuivre son déplacement à Madagascar. La dynamique doit se poursuivre. Après papangue 2026, tenue en mars dernier à La Réunion, une nouvelle manœuvre militaire conjointe est prévue à Madagascar en mai 2027, offrant aux deux armées une prochaine occasion de mettre en pratique les acquis de ces différents stages. Parachutisme, combat commando, drones et exercices conjoints : la coopération franco-malgache tend ainsi à dépasser les seuls échanges symboliques pour s’orienter vers une montée en compétences et une recherche accrue d’interopérabilité opérationnelle dans l’océan Indien.
Rija R. (La Réunion)




