
Il y a un an exactement ce jour, Siteny Randrianasoloniaiko avait saisi la Haute Cour constitutionnelle au plus fort moment du « tolona ».
Continuité de l’État. Le régime en place s’apprête à célébrer en grande pompe le 14 octobre 2025, date de la sortie de la décision de la HCC concernant une résolution sur une sortie de crise politique, suite à la requête déposée le 12 octobre 2025 par Siteny Randrianasoloniaiko. « En tant que vice-président de l’Assemblée nationale et soucieux de préserver l’ordre constitutionnel et la continuité de l’État, il est recevable de saisir la Haute Cour constitutionnelle », selon le juge constitutionnel, mettant alors en œuvre son pouvoir de régulation des institutions de l’État. Une manière de signifier qu’« il n’y a pas lieu de statuer sur la recevabilité de la requête ».
Ordre du commandement. Dans sa requête, le vice-président de la Chambre basse avait dénoncé « les violations répétées de la Constitution, l’absence de liberté d’expression, la corruption et surtout le dysfonctionnement de l’État ». Sans oublier « les actes de répression commis par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestants depuis le 25 septembre 2025, date à laquelle les militaires du CAPSAT Soanierana ont déclaré refuser les ordres du commandement pour se rallier aux manifestants et rejoindre la place du 13 mai ». Il est également mentionné dans la requête que « le 12 octobre 2025, la gendarmerie ainsi que le personnel pénitentiaire ont déclaré ne plus recevoir d’ordre que de la part du FIGN et du directeur en charge de l’Administration pénitentiaire ».
Abandon passif du pouvoir. « Considérant que le président de la République, Andry Rajoelina, n’est pas à même de remplir les missions qui lui sont confiées, au motif qu’il ne se trouve et ne saurait se trouver sur le territoire de la République, il tombe sous le coup d’abandon passif du pouvoir ». La HCC constate, du coup, que « le poste de président de la République de Madagascar est vacant ». Même topo en ce qui concerne le fauteuil du président du Sénat, suite à la destitution du titulaire. La décision relative à la requête de Siteny Randrianasoloniaiko ajoute que « le gouvernement se trouve également dans l’impossibilité de remplir l’obligation de faire fonctionner la vie de la Nation tel que le prévoit la Constitution, eu égard aux circonstances qui empêchent l’exercice normal et effectif de ses propres pouvoirs ».
Période de 12 mois. Après avoir constaté la vacance des postes de président de la République et de président du Sénat, ainsi que l’impossibilité pour le gouvernement de remplir les fonctions de président de la République, la HCC, dans sa décision du 14 octobre 2025, « invite l’autorité militaire compétente incarnée par le colonel Michaël Randrianirina à exercer les fonctions de chef de l’État ». Ce dernier a été investi dans ses fonctions le 17 octobre 2025, en prêtant serment de respecter la Constitution qui, selon la HCC, « n’entend pas permettre de confier de manière prolongée les attributions du président de la République à des autorités qui n’en sont pas les titulaires de droit commun ». On est en droit – au propre comme au figuré – de demander si la période de 12 mois qui vient de s’écouler est « prolongée » ou pas, au sens de la décision du 14 octobre 2025. Une chose est sûre : ladite décision ne serait pas intervenue sans la requête du 12 octobre, qui a donné une note de constitutionnalité à la prise de pouvoir par le colonel au béret vert.
R.O




