Fanjiry, l’association portée par Elisa Randrianirina, continue d’étendre ses ramifications. Le samedi 10 octobre dernier, des femmes ministres, des autorités locales ainsi qu’une délégation conduite par la Première dame ont assisté à l’implantation de l’association à Jangany, dans le district d’Ambilobe.
À travers cette initiative, Fanjiry entend soutenir les femmes et favoriser leur union afin qu’elles puissent, elles aussi, apporter leur pierre à l’édifice national. Car la femme a pleinement son rôle à jouer dans le développement du pays. Elle en est l’une des clés, tant au sein de la famille que dans la société.
Sur place, les habitants ont salué l’initiative de l’épouse du président de la Refondation de la République de Madagascar. « Bon nombre de femmes ont besoin de ce genre de rassemblement », a confié madame Marie Soa, qui a assisté à l’événement. Les intentions sont louables. Les rôles socialement attribués aux femmes et aux hommes restent néanmoins différents, même si l’État s’efforce de promouvoir l’équilibre et la parité. L’histoire de la société malgache témoigne pourtant de la place importante qu’y occupent les femmes, notamment dans la transmission des héritages et les structures familiales. Entre cette réalité historique et les pratiques sociales contemporaines, le contraste mérite réflexion. Un paradoxe qui semble interpeller les Premières dames successives, souvent engagées dans des initiatives destinées à améliorer la condition féminine.La création d’une association comme Fanjiry n’a donc rien de mauvais en soi. Elle peut représenter une lueur d’espoir pour ces mères célibataires confrontées aux difficultés du quotidien, ces femmes âgées éloignées de leurs familles ou encore ces jeunes filles victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Pour toutes ces femmes, trouver une structure d’écoute, de soutien et de solidarité constitue déjà un premier pas.
Mais au-delà des rassemblements et des discours, qu’en est-il des résultats sur le terrain ? C’est là que le bât blesse. Depuis plusieurs décennies, différentes associations et structures, si l’on peut les qualifier ainsi, ont vu le jour avec l’ambition de valoriser les initiatives féminines et d’améliorer leur place dans la société. Les dispositifs de lutte contre les violences basées sur le genre, les formations organisées dans les différentes régions de la Grande Île et les campagnes de sensibilisation sont régulièrement annoncés sur les ondes, relayés par les chaînes de télévision et largement diffusés sur les réseaux sociaux.L’événement organisé à Jangany suscite ainsi une réflexion qui dépasse les frontières de la commune. Derrière l’implantation d’une nouvelle antenne, quelles ambitions se dessinent réellement ? Fanjiry parviendra-t-elle à inscrire son action dans la durée et à produire des changements mesurables dans la vie des femmes ?
Une interrogation demeure : cette initiative sera-t-elle un véritable levier d’émancipation féminine ou restera-t-elle une vitrine institutionnelle de plus ? Espérons que le terrain apportera des réponses encourageantes et que les femmes de Jangany pourront, demain, témoigner des bénéfices concrets de cette solidarité.
Iss Heridiny





