
À Maurice, les problèmes s’enchaînent. Après les difficultés d’approvisionnement en eau, l’affaire Élodie Thomas, blessée par balle par un policier, a ravivé la colère d’une partie de la population.
La situation reste tendue à Maurice après plusieurs nuits de troubles liés aux difficultés d’approvisionnement en eau et à l’affaire Élodie Thomas, une jeune femme de 27 ans blessée par balle par un policier à Camp-Levieux. Les incidents se sont étendus à plusieurs régions de l’île, perturbant les activités économiques et les transports. Ces troubles affectent désormais le quotidien des Mauriciens et placent le gouvernement de Navin Ramgoolam face à un défi majeur. Le Premier ministre avait affirmé que des trafiquants financeraient des groupes pour attiser la violence. À l’origine de la colère, les coupures d’eau répétées, qui ont suscité le mécontentement des habitants dans plusieurs régions. Des manifestations ont éclaté, notamment à Camp-Levieux, avec des pneus incendiés et des routes obstruées. C’est dans ce contexte que, le vendredi 9 octobre, vers 23h30, Élodie Thomas, employée d’une chaîne de supermarchés, a été atteinte par une balle alors qu’elle rentrait du travail à bord d’une fourgonnette. Le sergent impliqué a été arrêté et une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du tir. L’état de santé de la victime s’est amélioré après une intervention chirurgicale.
Des conséquences sur la vie quotidienne
L’affaire a renforcé la colère d’une partie de la population, dans un climat déjà marqué par les difficultés d’accès à l’eau et le mécontentement social. Cette situation rappelle les émeutes de février 1999, déclenchées après la mort du chanteur Kaya en détention policière. Si les circonstances diffèrent, ce précédent souligne la sensibilité des relations entre la population et les forces de l’ordre. Dans la soirée du lundi 12 octobre, des débordements ont été signalés dans plusieurs régions. Des commerces ont été pris pour cible et des policiers ont été blessés. Plusieurs personnes ont été arrêtées. Depuis mardi, les conséquences se font sentir dans tout le pays. Les établissements scolaires et les crèches sont fermés, tandis que les examens prévus ont été reportés. Le service du Metro Express reste suspendu en raison de dégradations sur son réseau. Les transports publics doivent interrompre leurs activités à partir de 18 heures, tandis que de nombreux commerces ferment leurs portes. Face à la dégradation de la situation, un couvre-feu a été décrété mardi soir et restera en vigueur jusqu’à vendredi matin. Cette mesure s’ajoute aux perturbations des transports et à la fermeture de nombreux commerces. Dans la nuit de mardi à mercredi, 94 personnes ont été arrêtées, dont 16 mineurs.
Manjato Razafy




