
L’exploitation artisanale de l’or fait vivre des centaines de milliers de personnes à Madagascar. Le passage aux technologies sans mercure ouvre une nouvelle étape pour le secteur, avec un double enjeu : réduire les risques sanitaires et environnementaux sans fragiliser les moyens de subsistance des communautés minières.
Près de 600 000 personnes travaillent directement dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle à Madagascar, selon les estimations du projet planetGOLD. Les femmes représenteraient environ 37 % de ces effectifs. Au total, environ 2,5 millions de personnes dépendent indirectement de cette activité pour leurs moyens de subsistance.
Risques. L’orpaillage constitue ainsi une source importante de revenus pour de nombreuses communautés. Ce poids économique pose la question des conditions dans lesquelles le secteur peut évoluer vers des pratiques moins polluantes. L’utilisation du mercure, notamment pour récupérer l’or par amalgamation, expose les travailleurs et les populations environnantes à des risques sanitaires, tout en contribuant à la contamination des milieux naturels.
Moderniser. Le 9 octobre 2026, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a publié un appel à manifestation d’intérêt pour la fourniture, l’installation et la mise en fonctionnement d’équipements d’exploitation aurifère sans mercure sur quatre sites ciblés par le projet planetGOLD Madagascar. Les technologies envisagées reposent notamment sur la séparation gravimétrique, qui permet de récupérer l’or en exploitant les différences de densité entre les minéraux, sans recourir à l’amalgamation au mercure. Ainsi, les équipements doivent être adaptés aux caractéristiques des gisements, à l’accès à l’eau et à l’énergie, ainsi qu’aux contraintes logistiques des sites concernés.
Réforme. Par ailleurs, la prestation prévoit également la formation des utilisateurs, la maintenance et un service après-vente assorti d’une garantie de deux ans. Avec cette approche, le pays entend promouvoir des méthodes permettant de récupérer l’or sans recourir au mercure. Ce, afin d’en finir avec une activité à fort poids économique, dont les pratiques peuvent aussi contaminer les sols et les ressources en eau, et exposer les travailleurs ainsi que les populations environnantes à des risques sanitaires.
José Belalahy




