Des milliards mobilisés, des programmes successifs, mais une faim qui persiste. Le constat dressé par Madagascar sur la situation du Grand Sud a marqué la rencontre bilatérale du 15 octobre à Bangkok entre la délégation malgache, conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, et SungAh Lee, directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le ministre a souligné les limites d’une réponse essentiellement humanitaire face à une crise devenue structurelle. Dans le Sud, les sécheresses répétées poussent des ménages à quitter leurs terres pour chercher de meilleures conditions de vie ailleurs. Ces déplacements internes entraînent également des difficultés dans les régions d’accueil, notamment des tensions foncières et des pressions environnementales. Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à agir sur les causes profondes des migrations. L’accès à l’eau figure au premier rang des priorités, à travers notamment des projets d’adduction et de dessalement. S’y ajoutent le désenclavement routier, l’agriculture productive et les investissements susceptibles de créer des emplois. Le ministre a notamment évoqué le Pacte vert pour le Grand Sud et les perspectives offertes par le développement de l’agribusiness. L’objectif est de permettre aux populations de vivre durablement de leurs activités dans leurs territoires d’origine, plutôt que de dépendre continuellement des distributions alimentaires.
Éviter les doublons
L’OIM a manifesté son intérêt pour un accompagnement davantage orienté vers des solutions durables. Forte de sa présence sur le terrain et de son expérience dans le suivi des déplacements, l’organisation pourrait notamment contribuer à l’identification des communautés vulnérables, à l’évaluation des programmes et au développement de petites entreprises locales. La prévention des catastrophes constitue un autre domaine envisagé, grâce à une meilleure exploitation des données et des outils d’anticipation. Le ministre a cependant insisté sur la nécessité de coordonner les interventions des partenaires, afin d’éviter la multiplication de projets similaires dans une même zone. Une rencontre technique entre les équipes de l’OIM à Madagascar et celles du ministère devrait permettre d’identifier des collaborations concrètes. Aucun nouveau financement n’a été annoncé à ce stade.
Antsa R.




