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samedi, octobre 17, 2026
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Madagascar–FMI : Les grandes négociations pour 2027 se précisent à Bangkok

À Bangkok, Madagascar défend une marge de manœuvre pour soutenir sa relance économique. Fiscalité, prix des carburants, endettement et investissements publics figurent au cœur des négociations avec le FMI pour la préparation de l’année 2027.

L’année 2027 s’annonce décisive pour les orientations économiques de Madagascar. Après le déblocage de 155 millions de dollars au titre des programmes soutenus par le Fonds monétaire international (FMI), les discussions portent désormais sur les conditions de poursuite des réformes. Lors d’une rencontre tenue le 14 octobre à Bangkok avec Zeine Zeidane, directeur du Département Afrique du FMI, la délégation malgache, conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a défendu la nécessité de concilier discipline budgétaire, croissance et stabilité sociale. Parmi les dossiers sensibles figure le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, dont l’application intégrale est prévue à partir du 1er janvier 2027. Le FMI préconise de mettre fin aux subventions généralisées, jugées coûteuses et insuffisamment ciblées. Selon les estimations présentées par son Département Afrique, une aide destinée aux 40% des ménages les plus vulnérables représenterait environ 0,5% du PIB, contre jusqu’à 4% pour un système de subventions générales. Le gouvernement reconnaît la nécessité de cette réforme, tout en étudiant des mesures d’accompagnement destinées à éviter de nouvelles tensions sociales. La question du calendrier et des modalités d’application demeure donc centrale.

Des marges pour investir

Les échanges concernent également les recettes fiscales et l’endettement public. Le FMI souhaite que la loi de finances 2027 rétablisse certaines mesures de mobilisation des recettes précédemment suspendues ou prévoie des dispositions compensatoires. Le gouvernement vise une pression fiscale de 12%, contre 10,8% estimés pour 2026, notamment par le renforcement des contrôles et la réduction des dépenses fiscales. Sur le financement des investissements, Madagascar sollicite davantage de souplesse concernant le plafond annuel des nouveaux emprunts, fixé à 800 millions de dollars en valeur actualisée selon les paramètres évoqués lors des discussions. Le renchérissement de certains projets, dont l’extension du port de Toamasina, complique le respect de cette limite. La délégation a également plaidé pour préserver une marge budgétaire suffisante afin de soutenir les infrastructures et l’objectif de croissance de 5,1% en 2027. Ces demandes ne constituent toutefois pas des assouplissements déjà accordés par le FMI. Leur examen devra se poursuivre dans le cadre des prochaines discussions techniques et de la préparation budgétaire.

Antsa R

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