Le 14 octobre aura désormais une double signification pour le pays : la première, la proclamation de la (Ire) République en 1958 à Madagascar, signifiant du coup la disparition définitive d’une royauté et d’un État reconnu dans sa plénitude par le concert des nations. Puis, depuis cette année, malgré le balayage de l’histoire politique, cette date renaît désormais pour l’avenir sur la tablette des fêtes avec, comme intitulé, fête de la Libération, au même statut que le 26 juin, fête de l’Indépendance, comme s’il y avait une différence essentielle entre les deux concepts, République et Indépendance. Peut-être en faisant une analogie dans l’appellation de la plus grande avenue de la capitale : avant, c’était l’avenue de la Libération, puis rebaptisée avenue de l’Indépendance. À chacun de voir la subtilité.
Il n’empêche que cette date, du moins sa célébration, s’est déroulée selon le nouveau « mot » à la mode : la décentralisation ou la régionalisation, c’est selon, comme dit l’autre. Antsohihy, capitale d’un jour, lance un appel à retrouver la souveraineté nationale.
La fête s’y est déroulée normalement, selon les rites, si l’on transgresse un peu les règles de la bienséance d’une République bananière, c’est-à-dire kermesse à gogo bien agencée et encadrée par le pouvoir politique. Un fait marquant, quand même : pour bien faire, on a changé la statue de Philibert Tsiranana ; à la place, on a élevé la tête de n’importe qui, ce qui a provoqué l’ire au sein de la famille ou de ceux qui l’ont connu. Finalement, on a enlevé le nouveau pour remettre l’ancien. Oui, on peut ou non apprécier Papa Tsiranana, mais la « bonne bouille » qu’il avait, on l’adorait.
Révision de la liste électorale
Les agents recenseurs font de leur mieux pour sensibiliser à l’inscription sur les listes électorales. En effet, il y a ceux qui disparaissent parce que décédés, puis il y a ceux qui ont atteint l’âge de voter qui apparaissent. Donc, ladite liste est mouvante et sa confection est sujette à des manipulations diverses. Des zombies votent miraculeusement, ou d’autres cas à vocation frauduleuse peuvent exister. Le pouvoir en place, avec l’aide de la communauté internationale, veille à une fiabilité la plus pointue possible de cette liste pour légitimer les résultats du scrutin, d’où cet engouement pour le recensement. Selon des avis recueillis ici et là, il paraît qu’on enquête plusieurs fois toujours les mêmes personnes, et non les autres qui sont à sensibiliser.
« C’est au peuple de décider si je mérite de me présenter ou non. »
C’est ainsi que le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar, avait répondu à une question concernant sa possible candidature à la prochaine élection présidentielle. Mais il ajoute : « Je ne force personne à me soutenir, mais je ne m’oppose pas non plus à ceux qui veulent me soutenir. » En clair, je me présente et les soutiens sont les bienvenus. Ce qu’on appelle la langue de bois : elle est bien universelle et, comble de tout, elle est productive.
Feno Ralambomanana : « Je reste au service de la ville »
Lui, c’est le PDS (président de la Délégation spéciale) de la capitale, une autre langue politique qui veut dire : « Mettez-moi à un autre poste plus valorisant pour moi, je ne dirai pas non. » Il n’empêche que si le nombre de chantiers était l’indicateur d’une bonne gouvernance, il aurait la palme. Malgré les désagréments pour la fluidité de la circulation, les administrés se disent stoïquement : « Quand on en était au point où on était, il bouge quand même ! » Enfin, qui vivra verra !
Où en est-on avec l’illustre Mamy Ravatomanga ?
Les nouvelles de lui proviennent des propos de sa femme, plus prolifiques que ceux de la justice mauricienne, qui, on le sait, ne veut lui accorder aucune concession, au risque de troubler davantage le microcosme politique de l’île. Sa femme, Haingo de son prénom, annonce que le problème est politique pour Madagascar : on verrait en lui, selon elle, un adversaire à éliminer. L’ancienne bonne samaritaine devrait savoir que, quand on est dans un trou, c’est « Sauve qui peut et tant pis pour les autres ! », comme dirait un certain député renouvelé.
M.Ranarivao




