
Le président de l’Assemblée nationale a-t-il visé dans sa déclaration, hier, à Tsimbazaza ? Il veut que des têtes soient coupées.
Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, hausse le ton. À l’occasion de l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Parlement, ce mardi 20 octobre 2026, à Tsimbazaza, il a appelé le Premier ministre à remplacer les responsables jugés inefficaces dans l’exercice de leurs fonctions. Une interpellation qui intervient alors que les attentes sociales restent fortes et que plusieurs dossiers sensibles, de l’insécurité aux difficultés de la Jirama, continuent de peser sur le quotidien de la population.
Sans citer de noms ni préciser les fonctions des responsables concernés, le patron du perchoir a laissé au chef du gouvernement le soin d’apprécier les changements nécessaires. Sa déclaration soulève néanmoins la question de l’efficacité de l’action publique et de la capacité des autorités actuelles à répondre aux préoccupations de la population. L’appel vise-t-il des membres du gouvernement ou des responsables de l’administration ? Siteny Randrianasoloniaiko n’a apporté aucune précision sur ce point.
Cette prise de position intervient après plusieurs semaines de relative discrétion du président de l’Assemblée nationale. Habitué aux sorties médiatiques depuis le début de l’année, Siteny Randrianasoloniaiko s’est fait beaucoup plus discret au cours de la seconde moitié de septembre et de la première quinzaine d’octobre. Sa présence sur les réseaux sociaux, où il communique régulièrement sur ses activités et ses prises de position, s’est également faite moins fréquente. Le 14 octobre, à Antsohihy, à l’occasion de la célébration de la proclamation de la Première République, il est de nouveau apparu sur le devant de la scène. Six jours plus tard, à l’ouverture de la session parlementaire, il a repris la parole sur plusieurs sujets d’actualité, avec un appel direct au Premier ministre concernant le fonctionnement de l’appareil administratif.
Délestage
Ce retour tombe à pic dans un contexte marqué par les attentes croissantes autour de la « refondation ». Sur le terrain social, le président de l’Assemblée nationale a particulièrement insisté sur l’insécurité. Il a également évoqué les difficultés persistantes de la Jirama, dont les coupures récurrentes d’électricité continuent d’affecter les ménages et les activités économiques. Les promesses de mettre fin au délestage s’éloignent. Face à cette situation, il a demandé aux autorités compétentes de poursuivre les responsables d’actes de sabotage, ainsi que ceux qui entravent les solutions déjà engagées pour remédier aux difficultés de la compagnie nationale d’eau et d’électricité.
Des déclarations qui placent la responsabilité des autorités et la nécessité de résultats concrets au centre des préoccupations exprimées lors de cette rentrée parlementaire. Au-delà de ces questions, l’examen du projet de loi de finances pour 2027 constituera l’un des principaux dossiers de cette session ordinaire. Le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la portée de ce texte, appelé à traduire les priorités de l’État en mesures budgétaires. « Ce budget devra contribuer à apporter des réponses aux problèmes du pays et à concrétiser les réformes attendues par la population malagasy », a-t-il déclaré. L’enjeu dépasse les seules dépenses courantes de l’administration. Le budget 2027 devra également prévoir les moyens nécessaires à l’organisation des prochaines élections, comme l’a précisé le président de la Refondation. Dans un contexte où le calendrier électoral demeure au cœur des débats politiques, les arbitrages budgétaires seront particulièrement scrutés.
Durant cette session, les députés pourraient, par ailleurs, appeler des membres du gouvernement à se présenter devant eux pour répondre à des questions portant sur différents sujets d’intérêt public. Ces éventuelles interpellations constituent un autre volet de la session, au cours de laquelle les élus sont appelés à exercer leur mission de contrôle de l’action gouvernementale. Pour cette rentrée, Siteny Randrianasoloniaiko a enfin exhorté les députés à faire preuve d’assiduité et à participer activement aux travaux. Un appel lancé malgré les nombreuses sessions extraordinaires auxquelles les élus ont déjà pris part ces derniers mois.
Rija R.




