Pour la filière vanille, qui a toujours joué et continue de jouer un rôle important dans le paysage économique du pays, la Refondation veut voir grand. Du moins en termes de nombre d’exportateurs agréés, puisque le ministère du Commerce et de la Consommation vient de publier une liste record de 141 opérateurs agréés pour la campagne 2026-2027.
Bilan mitigé
Un chiffre qui inquiète une frange des acteurs de l’or noir de Madagascar quant au sérieux de ce que seront les contrôles sur le terrain que doivent réaliser les services compétents. L’augmentation du nombre d’exportateurs agréés rend, en effet, plus importante la capacité de l’administration à assurer des inspections régulières. Or, la qualité de la vanille malgache, sa traçabilité et la confiance des acheteurs dépendent non seulement des règles établies, mais aussi de leur application concrète, notamment en termes de disposition de magasins de traitement, de conditionnement et surtout de stockage de la production. Il serait ainsi pertinent, selon des opérateurs, de connaître le nombre de magasins effectivement inspectés avant la délivrance des agréments, les éventuelles non-conformités constatées et les mesures correctives exigées. L’objectif n’est évidemment pas de remettre en cause, par principe, les agréments délivrés, mais de veiller à ce que les mêmes exigences s’appliquent à tous les opérateurs. Dans une filière stratégique pour les exportations malgaches, la crédibilité de l’agrément repose autant sur la rigueur de la procédure administrative que sur la réalité des moyens et des pratiques des bénéficiaires. En somme, le véritable enjeu reste de s’assurer que chacun des opérateurs autorisés remplit effectivement les conditions requises et les respecte tout au long de la campagne. Des mesures qui s’imposent si la Refondation veut tenir les promesses de réformes et de développement de la filière vanille annoncées, au tout début de la transition qui, un an après, n’a pas réussi à relever le défi d’augmenter les prix de la vanille. Pire, on assiste plutôt à un bilan mitigé.
R.Edmond




