
Pointé du doigt pour son mutisme dans l’affaire qui défraie la chronique de la libération des onze prisonniers chinois, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a brisé le silence hier. Des mesures exemplaires seront prises à l’encontre de tous les responsables, a-t-il martelé.
Le gouvernement monte au créneau et tente d’éteindre l’incendie. Interpellé hier par la presse sur la libération, pour le moins controversée, de onze ressortissants chinois d’une maison carcérale de la capitale, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a haussé le ton et a voulu se montrer d’une fermeté à toute épreuve. « Aussi sévère que possible sera la sanction que recevra le responsable de la libération de ces étrangers en prison, qui qu’il soit », a-t-il martelé. Et le chef du gouvernement d’enfoncer le clou pour lever toute ambiguïté. Des propos qui se veulent une réponse directe à l’émoi suscité par cette affaire aux contours encore flous.
Test
Car depuis quelques jours, ce dossier agite l’opinion publique et enflamme littéralement les réseaux sociaux. Les circonstances exactes de cet élargissement restent opaques, aucune communication officielle n’ayant filtré du côté de l’Administration pénitentiaire. De quoi alimenter toutes les spéculations et renforcer les exigences de transparence. Pour beaucoup d’observateurs, cette affaire constitue un véritable test pour les autorités de la Refondation, qui ont fait de la lutte contre la corruption leur cheval de bataille. Au cœur de la tourmente, la ministre de la Justice et garde des Sceaux, Fanirisoa Ernaivo. Directement citée et mise en cause par le Secrétaire général du Syndicat de l’administration pénitentiaire, qui la désigne comme la principale responsable et commanditaire de cette libération massive, l’ancienne bâtonnière de l’Ordre des avocats a vigoureusement nié toute implication. Elle affirme n’avoir rien à voir avec ce dossier et tente de se dédouaner. Une guerre ouverte, par médias interposés, qui jette un peu plus le trouble et fragilise la crédibilité de l’appareil judiciaire tout entier.
Remaniement
L’affaire a d’ailleurs pris une tournure éminemment politique depuis le début de la semaine. Lundi dernier, à Tsimbazaza, le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, a mis les pieds dans le plat. L’élu a interpellé directement les chefs de l’Exécutif, les exhortant à prendre leurs responsabilités et à démettre de leurs fonctions toutes les personnes citées dans ce dossier, sans tergiverser. Interrogé sur ce point précis d’un éventuel remaniement gouvernemental, le Premier ministre s’est voulu à la fois clair et prudent. « S’agissant du remplacement des membres du gouvernement, cela relève de la prérogative du Président de la Refondation », a-t-il rappelé, renvoyant ainsi la balle dans le camp du colonel Michaël Randrianirina. Il a néanmoins assuré que « le gouvernement est à pied d’œuvre et travaille d’arrache-pied pour parvenir rapidement à la Refondation ». Fidèle à la ligne fixée par le Président de la Refondation, le chef du gouvernement a réaffirmé qu’il n’y aura « aucune tolérance et aucun favoritisme, quelle que soit la personne impliquée ». Les résultats de l’enquête diligentée sont attendus dans les prochains jours.
Julien R.




