
Antoine Rajerison. Face à la volonté affichée de moraliser le pays, Antoine Rajerison exige un nettoyage au sommet de l’État, avec des sanctions exemplaires et l’élection des chefs fokontany.
La bataille contre la corruption annoncée par le pouvoir relance le débat. Antoine Rajerison, député élu dans le district d’Arivonimamo, a réagi hier à la dernière sortie médiatique du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, qui a affiché sa volonté de lutter contre les agents corrompus à l’aéroport d’Ivato et contre la corruption qui met le pays à bas. Selon l’élu, les causes de la corruption sont connues : le manque de contrôle, la non-application de la loi à tous et la nomination de personnes indignes à des postes de responsabilité. Des maux qui, selon lui, favorisent l’impunité et minent la confiance du peuple.
Réseaux
« Si le président de l’État veut vraiment lutter contre la corruption et restaurer la confiance du peuple, le nettoyage doit commencer au Palais, au sein de la Présidence de la République », a-t-il souligné. Il demande que soient écartées les personnes déjà impliquées dans des affaires d’exportation illégale de bois de rose, d’or et de pierres précieuses, ainsi que dans des détournements de deniers publics. Pour lui, tant que ces réseaux resteront en place au sommet, aucun discours sur la moralisation ne sera crédible aux yeux de la population.
Chantiers
Pour aller plus loin, Antoine Rajerison propose quatre chantiers. Le premier est l’organisation d’élections des chefs fokontany, afin que le peuple choisisse ceux en qui il a vraiment confiance. Ces responsables de proximité, dit-il, sont les mieux placés pour aider à lutter contre la corruption, rapprocher les dirigeants de la réalité du terrain et assumer pleinement leurs responsabilités. Le deuxième chantier est la mise en place d’un système de contrôle et d’évaluation de la reddition de comptes. Objectif : qu’aucun responsable ne puisse abuser de son pouvoir sans en répondre. Le troisième est l’application de la loi à tous, sans distinction de classe, de lieu ou de relation. Pour le député, c’est à ce prix que l’État retrouvera sa crédibilité et que les citoyens accepteront de nouveau de faire confiance aux institutions. Le quatrième est l’application de sanctions conformes à la loi contre ceux qui seront reconnus coupables. Celles-ci pourraient aller de la révocation de la fonction publique aux poursuites judiciaires, à l’emprisonnement et au paiement d’amendes, selon la gravité des faits et les décisions de justice.
Changement
« Il ne suffit pas de déplacer ou de changer les personnes au pouvoir. Il faut aussi changer le système et les méthodes qui permettent à la corruption de perdurer », a-t-il insisté. En tout cas, l’élu d’Arivonimamo lance un message clair : « Si le changement est vraiment l’objectif, le nettoyage commence au Palais, se poursuit dans tous les secteurs et fait en sorte que la loi fasse autorité et s’applique à tous ».
Julien R.





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