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jeudi, octobre 22, 2026
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Coopération militaire : Paris et Antananarivo renforcent leurs liens

Des militaires malgaches et français en plein échange à Antsiranana

La coopération militaire entre la France et Madagascar se poursuit sur plusieurs fronts, avec un accent affiché sur le renforcement des capacités des forces armées malgaches et la sécurisation des espaces maritimes régionaux.

La coopération militaire entre la France et Madagascar affiche des signes de vitalité. Entre les formations de militaires malgaches à La Réunion, les échanges entre les marines des deux pays et les opérations conduites par la France dans l’océan Indien, les relations entre les deux armées se traduisent par des actions concrètes. Une dynamique que Paris entend consolider, notamment face aux enjeux de sécurité qui se posent dans le canal du Mozambique et, plus largement, dans la région. Le 13 octobre, la frégate de surveillance française Nivôse a fait escale à Antsiranana. Cette visite a permis de renforcer les liens entre la Marine nationale française et la marine malgache. Au-delà de cette présence navale, l’escale a donné lieu à un exercice d’échange de savoir-faire entre les équipages. Un VISITEX a ainsi été organisé entre les équipes de visite du patrouilleur côtier malgache Malaky et celles du Nivôse. Les marins ont pu confronter leurs pratiques et partager leur expérience opérationnelle.

La coopération se manifeste également sur le terrain de la formation. Au début de ce mois, à La Réunion, des militaires malgaches suivent plusieurs stages spécialisés au sein du 2e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (2e RPIMa). Les éléments du 1er Bataillon parachutiste et du Bataillon RECAMP ont participé à des formations d’une durée de deux semaines. Pour les militaires du 1er Bataillon parachutiste, l’instruction porte notamment sur le saut en parachute à ouverture commandée retardée (SOCR). Du maniement du parachute aux sauts depuis un aéronef, les stagiaires sont initiés aux différentes étapes de cette technique. D’autres militaires malgaches sont aussi engagés dans un stage au sein du Groupe de reconnaissance et d’intervention parachutiste (GRIP), au Centre d’aguerrissement tropical de La Réunion, rattaché au 2e RPIMa. Onze militaires y ont suivi une formation destinée à renforcer leurs aptitudes opérationnelles dans des conditions exigeantes. Le développement des compétences technologiques figure également parmi les axes de cette coopération. Des militaires du 1er Bataillon parachutiste et trois éléments du Bataillon RECAMP ont suivi une formation au pilotage de drones.

Souveraineté. Cette intensification des échanges militaires s’inscrit dans une volonté politique clairement exprimée par les autorités françaises. Le 6 octobre, Catherine Vautrin, ministre française des Armées, a souligné la solidité des relations entre les forces armées des deux pays et leur intérêt stratégique commun. « Nos forces armées travaillent ensemble depuis de nombreuses années et ont construit une relation de confiance unique », a-t-elle déclaré. La ministre a également insisté sur la proximité géographique des deux pays et sur les défis sécuritaires partagés, notamment dans le canal du Mozambique. Paris entend poursuivre et approfondir cette coopération autour de deux priorités, notamment « le renforcement des capacités des forces armées malgaches, afin de conforter la souveraineté de Madagascar, et le développement d’actions dont les retombées bénéficient directement aux populations ».

La présence du Nivôse à Antsiranana tombe dans un contexte marqué par l’engagement de la Marine nationale française contre les activités maritimes illicites dans l’océan Indien. Le 12 octobre, le président français Emmanuel Macron a annoncé l’arraisonnement du pétrolier DF Peak par les forces françaises, à plus de 450 milles marins au sud de La Réunion, soit environ 830 kilomètres. Le navire est soupçonné d’avoir utilisé un faux pavillon pour contourner les sanctions visant la Russie et de participer au transport illicite d’hydrocarbures. Anciennement immatriculé sous le nom de Kaliningrad, le pétrolier figure parmi les navires identifiés comme appartenant à la « flotte de l’ombre » russe, utilisée pour poursuivre les exportations énergétiques malgré les restrictions occidentales. Au moment de son interception, il battait pavillon béninois. L’examen de ses documents de bord par les marins français a révélé des irrégularités administratives jugées graves, conduisant à son déroutement sous escorte de la Marine nationale. Cette opération, distincte des activités de coopération franco-malgache, illustre les enjeux de contrôle et de sécurisation des routes maritimes dans la région.

Recueillis par Rija R.

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