Agriculture, énergie, infrastructures, investissements et nouvelles technologies. Le Forum économique et humanitaire Russie–Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou, offre à Madagascar une occasion stratégique de diversifier ses partenariats et de concrétiser ses ambitions économiques.
Une occasion de transformer le rapprochement diplomatique en partenariats économiques. Moscou accueillera, les 28 et 29 octobre prochains, la troisième édition du Forum économique et humanitaire Russie–Afrique, organisée en marge du troisième Sommet Russie–Afrique. Placé sous le thème du développement d’une coopération mutuellement avantageuse, ce rendez-vous réunira des décideurs politiques, des investisseurs, des institutions financières et des opérateurs économiques des deux continents. Pour Madagascar, une participation à cette rencontre pourrait ouvrir des perspectives dans plusieurs secteurs stratégiques, à commencer par l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et l’industrie. L’événement intervient dans un contexte de rapprochement entre Antananarivo et Moscou, marqué notamment par la visite du président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, en Russie, en février dernier. Les échanges bilatéraux avaient alors permis d’identifier plusieurs domaines de coopération, dont l’exploitation minière, la santé et le développement agricole. Le Forum pourrait ainsi constituer une occasion de donner une dimension opérationnelle à ces discussions. Dans l’agriculture, les opportunités concernent notamment la mécanisation, l’amélioration des semences, la transformation agroalimentaire et les transferts de technologies. Autant de leviers susceptibles d’améliorer la productivité et de réduire la dépendance aux importations. Le secteur énergétique pourrait également bénéficier de nouveaux partenariats techniques et financiers, tandis que les ressources minières malgaches offrent des perspectives de coopération industrielle, notamment dans la transformation locale.
Des investissements à capter, des projets à concrétiser
Au-delà des relations bilatérales, le Forum constitue une plateforme de mise en relation avec des entreprises, des investisseurs et des institutions internationales. Son programme s’articulera autour de quatre grands axes, notamment la souveraineté économique, le capital humain et les innovations technologiques. Les discussions aborderont également les systèmes de paiement, le commerce, la sécurité alimentaire, la formation et la transformation numérique. Pour Madagascar, l’intérêt serait de présenter des projets suffisamment structurés pour attirer des partenaires et mobiliser des financements, notamment dans les infrastructures, l’agro-industrie et l’énergie. Les possibilités de formation, de recherche et de transfert de compétences pourraient également contribuer au renforcement du capital humain. Cette diversification des partenariats s’inscrirait dans une stratégie visant à élargir les sources d’investissement et les débouchés commerciaux du pays. L’édition précédente, organisée à Saint-Pétersbourg en 2023, avait réuni plus de 9 000 participants et représentants des médias, illustrant l’envergure de cette plateforme. Reste toutefois un enjeu déterminant : transformer les contacts diplomatiques et les déclarations d’intention en engagements réalisables. Car au-delà de la visibilité internationale, les véritables retombées pour Madagascar dépendront de sa capacité à négocier des projets répondant aux priorités nationales, avec des financements identifiés et des résultats mesurables pour l’économie et la population.
Antsa R.




