
Protéger les forêts sans ignorer les réalités des ménages : voilà l’un des défis pour Madagascar. Entre besoins énergétiques, déforestation et précarité, l’écologie dépasse le simple discours environnemental. Dieu Donné Razaramaro, fondateur de l’ONG Mi’Art Eco, entend apporter sa pierre à l’édifice, de son village natal d’Ambohisoa jusqu’à l’Université du Sussex, au Royaume-Uni.
Élevé par son père aux côtés de ses deux frères et sœurs, dans un environnement modeste, il s’inscrit à l’Université publique d’Antsiranana, en communication numérique et en langues. Les difficultés financières l’obligent à suspendre ses études en deuxième année. Ses expériences professionnelles lui révèlent alors sa véritable vocation : le travail social.
Depuis plus de six ans, il s’intéresse aux défis environnementaux et au développement durable. À la tête de Mi’Art Eco, il place la cuisson propre au centre de ses préoccupations : réduire la dépendance au bois de chauffage et au charbon, lutter contre la déforestation et limiter la pollution de l’air dans les habitations. Le combat englobe aussi la précarité énergétique, les inégalités entre femmes et hommes, le chômage des jeunes et la gestion des déchets. Pour lui, les femmes, les jeunes et les communautés rurales doivent prendre part aux solutions, car la transition écologique ne se construit pas sans ceux qui en vivent les contraintes.
En 2025-2026, la bourse Chevening, financée par le gouvernement britannique, lui ouvre les portes de l’Institute of Development Studies, à l’Université du Sussex. Il y prépare un master en changement climatique, développement et politiques publiques. Son mémoire compare l’adoption des politiques de cuisson propre à Madagascar et au Kenya, afin d’identifier les enseignements adaptables à la Grande Île.
D’Ambohisoa au Sussex, le fil conducteur reste le même : faire du savoir un levier d’action et des communautés les véritables actrices d’un avenir plus durable.
Recueillis par Iss Heridiny




