
À Toliara, les filles ont mis en avant leurs talents à travers le sport, le carnaval et le slam. Ces activités ont également servi à rappeler l’ampleur du mariage précoce dans la région d’Atsimo-Andrefana, où plus d’une femme sur deux est mariée avant l’âge de 18 ans.
Trois jours de mobilisation
Pendant trois jours, des rencontres de basketball (gymnase couvert de Tsienengea) et de rugby (stade Me Kira Andaboly), ainsi qu’un concours de slam sur le thème de la célébration, ont réuni les participantes issues de différents établissements scolaires de la ville du soleil. Ces activités leur ont permis de valoriser leurs compétences et d’exprimer leurs préoccupations. Le sport a occupé une place centrale dans la programmation. Le slam a, de son côté, offert aux jeunes filles un espace pour prendre la parole sur les sujets qui les concernent.
Le 23 octobre, un carnaval a traversé les rues de Toliara avant les discours officiels au gymnase couvert de Tsienengea. La cérémonie s’est terminée par la remise des trophées aux équipes gagnantes et aux lauréats du concours de slam.
Mariage précoce : une fille sur deux concernée
Les données présentées par l’UNICEF soulignent la persistance du phénomène. À Madagascar, 41,8% des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant 18 ans. Dans la région d’Atsimo-Andrefana, ce taux atteint 53,1%, soit 11,3 points de plus que la moyenne nationale.
Dans la région, plus d’une femme sur deux dans cette tranche d’âge a donc été mariée avant sa majorité. Cette situation peut interrompre la scolarité et réduire les possibilités pour les filles de choisir leur parcours.
Des pressions
Les pressions exercées par les familles et les communautés renforcent la nécessité de sensibiliser les parents et de protéger les droits de l’enfant. Le maintien à l’école et l’accès à l’éducation figurent parmi les principaux moyens de permettre aux filles de poursuivre leurs projets et de décider de leur avenir.
Protéger leur avenir, maintenant
« Une célébration ne suffit pas si, dès le lendemain, des filles restent exposées au mariage précoce », a déclaré Grégoire, deuxième adjoint au maire de la délégation spéciale, lors de son discours.
Derrière les statistiques se trouvent des parcours scolaires interrompus et des projets compromis. La prévention du mariage précoce nécessite donc une action coordonnée des familles, des communautés et des autorités.
Les familles doivent maintenir les filles à l’école, écouter leur parole et refuser toute pression en faveur d’un mariage avant 18 ans. Les communautés peuvent organiser des échanges, signaler les situations à risque et accompagner les filles qui souhaitent poursuivre leurs études. Les autorités doivent renforcer l’application de la loi, améliorer l’accès aux services de protection et associer les écoles, les centres de santé et les acteurs locaux.
Les activités organisées pour la Journée mondiale de la fille ont permis de sensibiliser le public. Leur portée dépendra désormais des mesures prises pour réduire le mariage précoce et garantir aux filles de Toliara et d’Atsimo-Andrefana le droit de choisir leur avenir.
Francis Ramanantsos




