
Pour le moment, le régime de la Refondation n’a pas pu faire mieux que ses prédécesseurs en matière de lutte contre la pauvreté. Un an après la prise du pouvoir par les militaires du CAPSAT, le pays n’a pas évolué positivement dans le classement mondial de la pauvreté, du moins en termes de produit intérieur brut (PIB) par habitant.
Les organismes de classement internationaux placent le pays en cinquième position (certaines sources le placent au sixième rang) des pays les plus pauvres du monde.
Top 15
Un classement qui n’est pas loin des données du Fonds monétaire international (FMI) qui, dans ses prévisions sur les perspectives de l’économie mondiale publiées en octobre 2026, place la Grande île, avec son PIB estimé à 650 dollars, dans le top 15 des pays les plus démunis de la planète. Un classement qui n’est pas du tout réjouissant quand on sait que seuls quatre pays font moins bien que Madagascar. En l’occurrence : le Burundi (510 $), le Yémen (567 $), le Soudan (597 $) et le Soudan du Sud (642 $). Le pays est ainsi moins performant que le Mozambique (673 $), le Malawi (740 $) et le Niger (774 $). Ramené au niveau national, le classement enregistre toutefois une infime progression, puisque le PIB par habitant était de 599 $ en 2025. Ces chiffres confirment, en tout cas, la stagnation de Madagascar ces dernières décennies. Une tendance résumée par la Banque mondiale, qui a affirmé à plusieurs reprises que Madagascar est enfermé depuis des décennies dans un cercle vicieux de pauvreté.
Fragilités
À l’origine de cette situation se trouve, en premier lieu, une croissance qui ne suit pas la démographie. Depuis le début des années 2010, l’économie progresse d’environ 3 %, alors que la population augmente d’environ 2,4% par an. Résultat : le revenu par habitant ne progresse presque pas. L’autre faille se trouve au niveau de l’économie malgache, qui reste encore et toujours dominée par l’agriculture de subsistance, où la majorité des Malgaches vivent de petites exploitations agricoles peu productives. Par ailleurs, les délestages et les pénuries d’eau que le régime de la refondation n’arrive toujours pas à résoudre pèsent sur les entreprises comme sur les ménages. Le FMI cite d’ailleurs ces coupures persistantes parmi les principales fragilités du pays et demande la mise en œuvre rapide du plan de redressement de la Jirama. La pauvreté persistante de Madagascar s’explique également par la faible collecte des recettes publiques. L’État ne collecte qu’environ 11% du PIB en impôts, l’un des niveaux les plus bas au monde. Sans ressources, les autorités arrivent à peine à financer les écoles, les centres de santé et les routes. Parallèlement, l’inflation, attendue autour de 8 à 9% en 2026, rogne le pouvoir d’achat des ménages.
Crises politiques
Mais l’un des plus grands facteurs de blocage du développement de Madagascar est aussi cette série de crises politiques à répétition. De 2002 à 2025, en passant par 2009, ces crises ont entraîné des ruptures, fait fuir les investisseurs, suspendu une partie de l’aide internationale et effacé des années de progrès. Alors que la refondation peine, pour le moment, à trouver le bon remède pour guérir le pays, serait-ce, cette fois encore, un recommencement de plus ?
R.Edmond.




