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mercredi, octobre 28, 2026
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Affaire des « Boeing 777 » : Demande de liberté provisoire rejetée, 51 accusés dans le viseur de la justice

Retour en prison pour l’ex-ministre des Transports, Valéry Ramonjavelo

Le procès de l’affaire des Boeing 777 continue de monopoliser l’actualité. Alors que 51 accusés sont désormais ciblés, l’ancien ministre des Transports retourne en prison, plongeant la classe politique dans l’émoi.

L’affaire de l’expédition clandestine de gros porteurs vers l’Iran continue de secouer la vie politique et judiciaire du pays. Hier, l’audience publique tant attendue s’est tenue au Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo, sis à l’immeuble CNaPS 67 ha. Un rendez-vous judiciaire sous haute tension, marqué par des révélations retentissantes et des décisions très attendues, alors que le nombre d’inculpés s’élève désormais à 51 personnes. Prévue initialement pour acter le jugement sur le fond de ce dossier brûlant — après un premier report enregistré le 22 septembre dernier —, l’audience a été le théâtre d’un nouveau rebondissement. À la surprise générale, le parquet a formulé une demande de report du procès.

Insuffisants. À l’appui de cette requête, les représentants de la loi ont invoqué des lacunes dans l’instruction : pas moins de 13 employés de l’Aviation civile de Madagascar (ACM) n’auraient pas encore été auditionnés. De surcroît, les pièces à conviction et les dossiers entassés sur la table des juges — représentant plus de deux cartons — ont été jugés encore insuffisants pour asseoir une décision définitive et équitable. Une situation qui a provoqué l’incompréhension, voire la frustration, du côté de la défense. Face à la barre, le parterre d’accusés avait des allures de haute voltige institutionnelle. Outre le directeur général de l’ACM, Alban Rakotoarisoa — qui endosse le rôle de plaignant —, l’ancien ministre des Transports Valéry Ramonjavelo a longuement comparu devant les juges. L’ancien président du Sénat, le général à la retraite Richard Ravalomanana, un ancien directeur général de l’ACM ainsi que le ressortissant indien Singh Khushwinder, désigné comme le principal ordonnateur de cette ténébreuse machination, figuraient également parmi les figures clés présentes sur place.

05 novembre. Durant les débats, les avocats de la défense sont montés au créneau pour exiger la mise en liberté provisoire de leurs clients respectifs. Certains conseils ont vigoureusement rappelé que plusieurs prévenus croupissent en détention provisoire depuis plus de six mois — soit le double du délai légal initial de trois mois —, qualifiant ce maintien en incarcération d’abusif en l’absence de jugement sur le fond. Si quelques accusés ont effectivement obtenu gain de cause avec une mise en liberté provisoire, la justice s’est montrée inflexible pour les profils les plus exposés. L’ancien ministre des Transports et l’ancien directeur général de l’ACM ont ainsi vu leur demande rejetée par le Tribunal spécial, écopant d’un renvoi immédiat en prison. Par voie de communiqué officiel, le parquet du PAC a acté que la demande d’ouverture d’une information complémentaire a, quant à elle, été mise en délibéré, la décision finale devant tomber le 5 novembre prochain. Une affaire aux relents de scandale d’État, qui continue d’écorner l’image de la Grande Île sur la scène internationale, sous l’œil vigilant de l’opinion publique.

Julien R.

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