Plus de 44 acteurs issus des institutions publiques, des médias et de la société civile sont réunis du 20 au 22 octobre 2026 dans le cadre d’un atelier de formation des formateurs consacré au genre, à la masculinité et à la féminité positives, au foncier et à l’environnement. Une initiative qui entend faire des participants des relais de sensibilisation au sein de leurs communautés respectives.
Les mentalités ne se transforment pas d’un claquement de doigts. Elles se construisent, se transmettent et se heurtent au poids des habitudes. Dans les communautés rurales, les rapports entre les femmes et les hommes, l’accès à la terre ou encore la gestion des ressources naturelles restent autant de sujets qui méritent une attention particulière. C’est dans cette optique que les projets Women’s Empowerment for Resilient Rural Areas (WE4R) et ProDéCID conjuguent leurs efforts dans la région DIANA. Pendant trois jours, l’atelier met l’accent sur le renforcement des compétences d’un réseau de formateurs et de formatrices capables de prolonger les échanges bien au-delà de la salle de formation. L’idée est de transformer les connaissances acquises en actions concrètes, au contact des populations. Des participants de différents horizons prennent part à cette démarche. Des représentants des services publics, des journalistes, des organisations de la société civile et des associations féminines rurales figurent parmi les bénéficiaires. Ces dernières occupent une place particulière dans le dispositif, car leur proximité avec les communautés constitue un levier pour faire circuler les informations et encourager le dialogue.
Changer les regards, questionner les habitudes
Au programme : les notions de genre, de sexe, d’égalité et d’équité, mais aussi les mécanismes de socialisation qui façonnent les rôles attribués aux femmes et aux hommes. Les discussions abordent également les rapports de pouvoir, les héritages familiaux et les possibilités de faire évoluer les pratiques. Le troisième jour est notamment consacré au genre et au foncier, aux obstacles rencontrés par les femmes dans l’accès à la terre ainsi qu’aux pistes d’action. La question foncière ne se limite pas à la possession d’une parcelle. Elle touche aussi aux droits, à l’autonomie économique et à la capacité de participer aux décisions qui concernent les ressources du territoire. Dans un contexte marqué par les défis environnementaux et climatiques, ces enjeux se croisent et influencent directement la résilience des communautés rurales. La collaboration entre WE4R et ProDéCID vise ainsi à renforcer la participation des femmes, notamment à travers les associations rurales, dans les processus de sensibilisation et de plaidoyer. Les participants sont appelés à élaborer des plans d’action adaptés aux réalités locales afin de diffuser les acquis de la formation. Reste désormais à traduire les échanges en actes. Car former des formateurs ne constitue qu’une étape : le véritable changement se mesurera à la capacité de ces relais à faire évoluer les perceptions, à ouvrir le dialogue et à favoriser des pratiques plus équitables. Dans les villages comme dans les institutions, l’égalité ne se décrète pas seulement ; elle se cultive.
Iss Heridiny




