L’enjeu de la filière orge ne se limite pas aux seuls producteurs. Ce produit s’inscrit également dans une chaîne de valeur qui relie les agriculteurs à l’industrie brassicole, qui a aussi son pesant d’or sur l’échiquier économique national.
Taxe à double effet dommageable
Étant étroitement liés, les deux secteurs économiques risquent d’être emportés par l’actuelle vague de crise, qui trouve en partie son origine dans un système de taxation pénalisant. Un affaiblissement durable de la production locale d’orge pourrait, en tout cas, compliquer l’approvisionnement de cette industrie. Une industrie frappée, par ailleurs, par une fiscalité pénalisante puisque, dans les dernières lois de finances, la bière est frappée d’un droit d’accise qui a contraint le producteur local de cette boisson à réduire sa production. Et c’est ce qui a justement entraîné la baisse de la demande en orge et, partant, le rétrécissement des revenus des paysans. Une taxe à double effet dommageable, en somme, car, d’un côté, elle frappe l’industrie de la bière, qui est pourtant pourvoyeuse d’emplois directs et indirects à travers les activités industrielles, la logistique, la distribution et les services connexes. De l’autre côté, ce droit d’accise frappe indirectement les producteurs d’orge, victimes de la baisse de la demande. En somme, la préservation de la filière orge présente un intérêt qui dépasse le monde rural : elle touche également à l’activité industrielle et à l’emploi. Tout cela est en tout cas à prendre au sérieux par les autorités qui, même si elles ont à faire face à des besoins en recettes fiscales, doivent aussi penser à préserver les intérêts des agriculteurs, qui demeurent encore et toujours des piliers non négligeables de l’économie à majorité rurale du pays.
R. Edmond




