Fidèle à sa volonté d’affirmer l’identité nationale, le président de la refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a prononcé son discours au sommet Russie-Afrique en malagasy. Un choix qui soulève, une fois de plus, la question de la compréhension directe de son discours par ses interlocuteurs et de sa réception auprès des partenaires économiques internationaux.
Identité nationale ou diplomatie économique
Le choix du colonel a, bien évidemment, le mérite de rappeler que Madagascar entend prendre sa place dans le concert des nations sans renoncer à sa langue. Force est cependant de reconnaître que, dans un contexte où la diplomatie est aussi un instrument de promotion économique, l’essentiel, dans ce genre de rencontres internationales, est de parvenir à faire passer le message à l’assistance, composée de représentants de pays aux langues et aux cultures différentes. Certes, il y a la traduction, mais il est de notoriété que celle-ci n’a pas forcément la qualité nécessaire pour permettre aux participants de comprendre, dans sa totalité, la portée des messages. L’enjeu est particulièrement sensible en matière économique, dans la mesure où un discours présidentiel peut évoquer des perspectives de coopération, des opportunités d’investissement ou des priorités sectorielles. Pour les transformer en pistes de négociation, les partenaires doivent pouvoir en identifier clairement les contours et les conditions de réalisation. Ce qui n’est évidemment pas garanti dans des traductions qui ne sont pas forcément fidèles. L’enjeu est d’autant plus de taille quand on sait qu’un discours prononcé lors d’un sommet international s’adresse aussi aux investisseurs, aux entreprises, aux institutions financières, aux organisations professionnelles et aux médias étrangers. En somme, les équipes qui accompagnent le PRRM, qui aime parler malagasy, gagneraient à communiquer par tous les moyens le contenu du discours présidentiel à toutes les cibles économiques. Il est également essentiel de trouver un équilibre entre l’identité nationale et l’efficacité de la diplomatie économique.
R. Edmond



