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samedi, octobre 31, 2026
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Commerce et Développement : Plus de 223 milliards USD d’aide au développement liée au commerce pour les PMA

« Il faut repenser les stratégies de négociation », souligne Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l’OMC.

Les Membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont répondu aux appels des PMA (pays les moins avancés), dont Madagascar fait partie, afin d’améliorer leurs possibilités d’accès aux marchés.

À titre d’illustration, leurs exportations bénéficient d’un accès en franchise de droits aux marchés de destination et de règles d’origine simples et transparentes. Les services et les fournisseurs de services des PMA bénéficient également de possibilités dans le domaine du commerce des services. Ces pays les moins avancés disposent aussi de flexibilités en matière de politique pour leur permettre d’intégrer les règles commerciales. Ces dernières années, les Membres de l’OMC ont même pris d’importantes mesures pour faciliter une transition sans heurt des pays sortant de la catégorie des PMA. Outre ces progrès, au cours des vingt dernières années, les PMA ont également reçu plus de 223 milliards d’USD au titre de l’aide au développement liée au commerce, afin de construire des infrastructures et de renforcer les secteurs productifs qui les aident à tirer davantage parti du commerce mondial.

Progrès inégaux

En outre, les initiatives de renforcement des capacités commerciales continuent d’apporter un soutien indispensable à l’intégration du commerce. La troisième phase du Cadre intégré renforcé (CIR), un programme mondial d’assistance technique de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dédié aux pays les moins avancés (PMA), a été officiellement lancée cette année. Madagascar fait partie des pays bénéficiaires de ce programme d’assistance technique. « Bien que nous ayons des exemples de réussite à partager, les progrès restent inégaux. Les exportations des PMA ne représentent encore que 1,04% des exportations mondiales de marchandises. Leur part dans les exportations mondiales de services est de l’ordre de 0,5%, tandis que leur part dans les services fournis par voie numérique n’atteint que 0,2%. Trop de personnes vivant dans ces pays les moins avancés n’ont pas encore pleinement exploité leur potentiel commercial. Il faut que cela change », a déclaré Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l’OMC.

À mi-parcours. Il a ajouté que « si de nouvelles possibilités se profilent, de nouveaux risques apparaissent également ». L’année dernière, on a observé une baisse de plus d’un quart de l’aide publique au développement en faveur des PMA. La pression croissante sur les budgets consacrés à l’aide crée une incertitude pour l’Aide pour le commerce, qui représente près d’un cinquième du total de l’aide publique au développement. « Nous sommes actuellement à mi-parcours du Programme d’action de Doha des Nations Unies, un programme décennal qui fixe des objectifs commerciaux ambitieux pour aider les pays les moins avancés (PMA) du monde à jouer un rôle plus actif dans le commerce mondial d’ici à 2031. La communauté internationale a fait des progrès constants pour atteindre ces ambitions depuis le lancement du programme en 2022. Dans le même temps, nous avons été confrontés à de fortes turbulences en raison de tensions géopolitiques et de perturbations prolongées. L’environnement extérieur n’a jamais été aussi difficile », a-t-il enchaîné. 

Soutien concessionnel

Face à cet état de fait, le Directeur général adjoint de l’OMC a réitéré qu’il faut faire en sorte que le commerce profite aux plus vulnérables. Il faut protéger l’Aide pour le commerce des demandes concurrentes. L’ambition mondiale est de doubler l’Aide pour le commerce en faveur des PMA entre 2018 et 2031. Au cours des cinq dernières années, les décaissements ont augmenté de 1,2% et les engagements ont baissé de 5%. Cette tendance à la baisse est préoccupante. Les PMA peinent également à attirer des financements provenant d’autres sources. En 2024, ils n’ont reçu que 13% du financement du développement lié au commerce non concessionnel, et seulement 7% du financement privé mobilisé pour le commerce. Leur part dans l’investissement étranger direct total est restée aux alentours de 2,5%. « Ces chiffres montrent que, dans des contextes vulnérables, le financement privé ne peut pas remplacer le soutien concessionnel. Au contraire, ce sont souvent les ressources concessionnelles qui rendent l’investissement privé possible. Elles nous aident à préparer les projets, à réduire les risques et à créer un environnement propice au commerce et à l’investissement », a-t-il fait savoir. Par conséquent, « la réponse ne consiste pas à choisir entre l’aide et l’investissement. Elle consiste en une aide qui mobilise l’investissement. Il ne s’agit pas d’un financement public ou privé. Il s’agit d’un partenariat qui tire le meilleur profit des deux. Une réduction du soutien ciblé pour le commerce pourrait compromettre des années de progrès durement acquis », a-t-il poursuivi.

Réduction de budgets

En outre, le Directeur général adjoint de l’OMC a insisté sur la nécessité de mettre l’accent sur les écarts de connaissances en matière de politique commerciale. Environ 98% de l’Aide pour le commerce en faveur des PMA est destinée aux infrastructures et aux secteurs de production. Seulement 2% sont destinés à la politique et à la réglementation commerciales, sous la forme d’un soutien qui contribue à la négociation et à la mise en œuvre des règles commerciales. Il faut reconnaître que la participation accrue des PMA à l’OMC a produit des résultats. Depuis 2022, quatre décisions ont été adoptées en leur faveur. Il s’agit notamment de deux décisions visant à faciliter une transition sans heurt des pays sortant de la catégorie des PMA — une priorité centrale pour le Groupe des PMA. L’assistance technique de l’OMC a également joué un rôle important. Depuis 2022, plus de 16 600 participants originaires de 42 PMA ont reçu une formation sur les règles de l’OMC et leur mise en œuvre. Cela leur permet d’acquérir les connaissances nécessaires pour négocier, des capacités de mise en œuvre et la confiance nécessaire pour diriger. Or, « ce sont précisément ces programmes que la réduction des budgets d’aide pourrait mettre en péril », a-t-il indiqué.

Stratégies de négociation

Par ailleurs, Xiangchen Zhang a insisté sur la nécessité de repenser les stratégies de négociation. De grands groupes de Membres ont discuté de nouvelles règles, mais la participation des PMA à ces discussions a été en demi-teinte. « Depuis trop longtemps, les PMA se sont concentrés sur leurs intérêts défensifs — comment se protéger contre les nouvelles obligations et les difficultés de mise en œuvre. Ces préoccupations sont réelles. Mais des efforts supplémentaires sont nécessaires pour les aider à identifier leurs priorités commerciales émergentes et les possibilités qu’elles offrent. Ils ne doivent donc plus se demander quels risques ils doivent éviter, mais plutôt quelles possibilités ils doivent saisir. À l’heure où les Membres réfléchissent à la manière de réformer l’OMC, donner à chaque pays les moyens de contribuer aux négociations sur l’avenir du commerce est peut-être la meilleure approche. Des partenariats plus solides en matière de soutien pour le commerce resteront essentiels pour ces efforts », a-t-il conclu.

Dossier réalisé par Navalona R.

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