Dans son intervention du 27 octobre, la procureure fédérale Jeanine Ferris Pirro a exprimé les frustrations des autorités américaines face à l’extradition vers la Chine de ressortissants chinois impliqués dans ce vaste réseau criminel.
Le rapatriement ou l’extradition (c’est selon) de prisonniers chinois vers la Chine prend une tournure tourbillonnante, voire inquiétante, notamment sur le plan diplomatique. Alors que l’affaire relative à l’évasion de 11 ressortissants chinois, qui ont réussi à quitter les prisons d’Avaradrano et d’Antanimora avec la complicité de hauts responsables de l’administration pénitentiaire, continue de défrayer la chronique en raison des nombreuses zones d’ombre qui demandent des éclaircissements, le Département de la Justice américaine décide également de mettre la pression sur les autorités judiciaires malgaches et exige une coopération judiciaire plus efficace. Dans son intervention du 27 octobre dernier, la procureure fédérale Jeanine Ferris Pirro a exprimé les frustrations et les regrets des autorités américaines face à la décision du gouvernement de la Refondation d’extrader vers leur pays d’origine des ressortissants chinois impliqués dans cette affaire, alors que l’enquête conjointe menée par le FBI et la Police nationale malgache n’est pas encore terminée. Selon cette haute responsable américaine, cette décision constitue un obstacle au bon déroulement des investigations en cours. À la suite de cette initiative d’extradition décidée unilatéralement par la partie malgache, plusieurs suspects importants et témoins clés n’auraient pas pu être entendus. C’est certainement la raison pour laquelle la procureure fédérale Jeanine Ferris Pirro interpelle le gouvernement malgache afin d’obtenir une coopération judiciaire plus franche et réclame l’extradition vers les États-Unis de 6 individus considérés comme les véritables cerveaux de ces réseaux de criminalité transnationale, dont le leader présumé du cartel, Chui Kok Wa. Pour l’heure, on ignore si ces suspects ont déjà été libérés ou s’ils sont incarcérés dans une prison à Madagascar. On se demande aussi si ces derniers ne figuraient pas sur la liste des 148 détenus qui ont déjà été rapatriés vers la Chine.
Plus de 800 victimes
Il convient en effet de rappeler que, le 7 septembre, le 23 septembre et le 26 octobre de cette année, le gouvernement malgache a extradé respectivement 50, 49, puis 49 détenus chinois qui avaient commis des escroqueries en ligne à Madagascar. Quant à 11 autres prisonniers, ils se sont volatilisés après leur transfert de la prison d’Avaradrano vers celle d’Antanimora. De son côté, la Justice américaine demande également une autorisation et une coopération judiciaires afin de pouvoir auditionner 15 employés des réseaux de scamming qui prétendent être victimes de traite d’êtres humains. Pour le moment, le ministère de la Justice de Madagascar n’a pas réagi aux requêtes formulées par la procureure fédérale Jeanine Ferris Pirro. On sait toutefois, en se basant sur les principes de travail de l’administration Trump, qu’en cas de refus des autorités de la Refondation de se soumettre à ces demandes, les relations risquent d’être tendues entre Washington et Antananarivo. D’autant plus que, si l’on se réfère aux propos de la juge Jeanine Ferris Pirro, les dégâts que les escroqueries aux cryptomonnaies auraient causés aux États-Unis sont énormes : plus de 800 victimes américaines et des pertes estimées à plus de 8 milliards de dollars rien qu’en 2025. Après les révélations faites ces derniers temps par les différents protagonistes dans l’affaire de l’évasion de 11 détenus chinois qui ont réussi à quitter la Grande Île, des questions se posent autour du cas du grand patron de ce réseau, Chui Kok Wa, et de ses 5 autres complices, qui sont actuellement réclamés par les États-Unis. En tout cas, à l’allure où vont les choses, cette affaire risque de provoquer une tension entre la Justice américaine et le gouvernement de la Refondation. Histoire à suivre.
Davis R


