Durant la cérémonie d’inauguration de l’arrivée de l’eau potable dans le district d’Ambovombe Androy, Milavonjy Philobert a encensé le colonel Michaël Randrianirina tout en critiquant publiquement les précédents régimes, y compris le Volomboasary.
« Soa ty manana anake filohan’ny Repoblika ». Littéralement : « C’est un privilège d’avoir un enfant de la Région devenu Président de la République. » Milavonjy Philobert, chef de l’opposition parlementaire, encense l’actuel homme fort du pays, le colonel Michaël Randrianirina. En effet, on constate depuis un moment que l’opposition n’existe plus à Madagascar. Tous les députés élus sous la bannière de la plateforme « Isika Rehetra Miaraka Amin’i Andry Rajoelina » (IRMAR), à l’exception de ceux et celles qui sont en prison, ont retourné leur veste pour former le nouveau groupement politique pro-pouvoir, le « Vondron’ny Fihavaozan’i Madagasikara » (VFM), dont les membres sont en pleine tournée de précampagne électorale à travers le pays. Privée de membres et dépouillée de ses partisans, l’opposition malgache est complètement anéantie et en mal de leader. Depuis sa réconciliation avec le Président de la Refondation, organisée en grande pompe à Ambovombe, Milavonjy Philobert, député d’Ambovombe et non moins 7e vice-président de l’Assemblée nationale représentant l’opposition, n’est plus déterminé à défendre les intérêts de sa famille politique d’origine, celle qui lui a permis d’intégrer le Bureau permanent de la Chambre basse. Même pendant les évènements malheureux traversés par les partisans de l’IRMAR, en l’occurrence l’emprisonnement de l’ancienne députée de Mahajanga Nina Rahantanirina ou encore la condamnation de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Sahondrarimalala Marie Michelle à cinq ans d’emprisonnement ferme, le chef de l’opposition a opté pour la politique du silence.
Démagogie
Au contraire, dans son discours durant la cérémonie d’inauguration de l’arrivée de l’eau potable à Ambovombe, le 22 octobre dernier, Milavonjy Philobert n’a fait qu’encenser le Président de la Refondation de la République de Madagascar, tout en lançant des critiques acerbes contre les régimes qui se sont succédé au pays depuis l’ère Didier Ratsiraka, y compris le régime Rajoelina qui « s’est désamorcé », selon ses dires. L’élu IRMAR a notamment dénoncé les discours démagogiques des anciens dirigeants, qui viennent à Ambovombe à chaque campagne électorale en promettant d’apporter l’eau potable, mais dont aucun n’a tenu sa promesse. « Il a fallu qu’un fils de la Région arrive au pouvoir pour réaliser en un mois seulement ce que nos ancêtres ont attendu depuis des années », a-t-il déclaré. Pour l’heure, le 7e vice-président de la Chambre basse n’a fait aucune déclaration officielle concernant sa position politique, même si, durant cet évènement à Ambovombe, il a indirectement exprimé son soutien au PRRM. En effet, des questions se posent désormais sur sa relation avec l’ancien Président Andry Rajoelina et ses ex-compagnons de lutte au sein du MAPAR et de l’IRMAR. Quid alors de la place du 7e vice-président à Tsimbazaza si Milavonjy Philobert n’est plus un opposant au pouvoir en place ? Pour le moment, le député d’Arivonimamo Antoine Rajerison est le seul acteur politique qui ose critiquer le régime du colonel Michaël Randrianirina, mais nul n’ignore que ce dernier n’aura jamais le soutien des ex-MAPAR pour être désigné à ce poste. Impossible aussi pour Marc Ravalomanana, qui a longtemps convoité le statut de chef de l’opposition du temps de l’ancien régime, car son parti, le Tiako i Madagasikara, soutient le régime de la Refondation et compte des ministres au sein du gouvernement Rajaonarison. À l’allure où vont les choses, on pourrait s’attendre à un schéma d’opposition politique orpheline pour affronter les urnes en 2027.
Davis R


