
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a récemment procédé, à Genève, au deuxième examen de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE), visant à faire le point sur sa mise en œuvre globale dans chaque pays membre.
À cette occasion, Madagascar a fait partie des cinq pays ayant pris part à une table ronde sur l’AFE, organisée par l’OMC en partenariat avec la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement). Cette rencontre avait pour objectif d’échanger et d’identifier les lacunes face aux nouveaux défis rencontrés par les pays en développement et les pays les moins avancés (PMA), dont la Grande Île. Le pays y a été représenté par le Représentant permanent de la République de Madagascar auprès de l’Office des Nations unies à Genève, le général Randriamiandrisoa Edelin Calixte. Pour rappel, l’Accord sur la facilitation des échanges a été ratifié par Madagascar le 20 juin 2016. Il s’agit du premier accord multilatéral de l’OMC, entré en vigueur le 22 février 2017. Son principal objectif est de réduire les coûts logistiques et les délais de dédouanement, tout en accélérant le mouvement, la mainlevée et la circulation des marchandises afin d’accroître le volume des échanges commerciaux mondiaux.
Véritable instrument
L’AFE prévoit également des mesures visant à assurer une coopération effective entre les douanes et les autorités compétentes, ainsi qu’une assistance technique et un renforcement des capacités des PMA. « Cette table ronde m’a permis de bénéficier d’un espace de plaidoyer consacré aux enjeux et aux retombées de cet Accord pour Madagascar. C’est un instrument important pour la modernisation des procédures douanières et commerciales, la simplification des formalités et l’amélioration de la transparence et de l’efficacité de l’administration. Madagascar réaffirme son engagement dans l’application de cet Accord en poursuivant les efforts déployés et en consolidant les acquis. L’objectif est de faire de cet AFE un véritable instrument au service de la transformation de l’économie nationale et non une simple obligation administrative », a souligné le général Randriamiandrisoa Edelin Calixte.
Défis
De nombreuses retombées économiques positives sont attendues si l’Accord est appliqué de manière effective. On peut citer, entre autres, le renforcement de la compétitivité des entreprises grâce à la baisse des coûts logistiques et des délais opérationnels, l’amélioration de la transparence, qui contribue activement à la lutte contre la corruption, ainsi que la facilitation de l’accès des producteurs et des entreprises aux marchés régionaux et internationaux grâce à leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Cependant, de nombreux défis subsistent sur le terrain, notamment les coûts logistiques élevés, la coordination entre les différentes administrations, la simplification et la dématérialisation des procédures, ainsi que les capacités limitées des PME exportatrices. À titre d’exemple, un transitaire témoigne de la lourdeur des procédures de dédouanement des véhicules importés, qui doivent encore passer par un guichet situé à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Solutions durables
Face à ces obstacles, Madagascar mise sur la coopération internationale. « Le pays attache une importance particulière à la coopération avec l’OMC et ses partenaires au développement afin de favoriser l’identification de solutions adaptées aux priorités nationales, notamment en matière de modernisation des procédures douanières et de digitalisation des formalités commerciales. Le renforcement des capacités institutionnelles et l’accompagnement du secteur privé ne sont pas en reste », a déclaré le général Randriamiandrisoa Edelin Calixte. Le Représentant permanent de Madagascar auprès de l’ONU a également réaffirmé que le succès de l’AFE repose sur le renforcement de la coopération entre l’administration publique, le secteur privé, les organisations internationales et les partenaires au développement. Le partage des bonnes pratiques et des expériences entre les pays membres de l’OMC constitue, selon lui, un levier précieux pour bâtir des solutions pragmatiques, inclusives et durables.
Navalona R.


