
Le numérique pourrait devenir l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie malgache dans les prochaines années. C’est, en substance, le message porté par l’économiste Jonah Andrianantoanina, qui considère par ailleurs la réforme des législations sur les communications électroniques et les infrastructures numériques comme un levier important pour accélérer la transformation numérique du pays.
Importance majeure
Le cofondateur du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (CREM) estime notamment que le projet de loi n°040/2026 sur les communications électroniques et les infrastructures numériques, qui sera à l’ordre du jour de la session parlementaire, est un texte d’une importance majeure, aussi bien pour les consommateurs que pour le pays. « L’enjeu dépasse largement la seule réglementation du secteur des télécommunications, car il s’agit de mettre le pays en capacité de tirer profit de la quatrième révolution industrielle, marquée notamment par l’essor de l’intelligence artificielle », souligne Jonah Andrianantoanina. Madagascar étant déjà présent dans la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle, notamment à travers les activités d’annotation de données, Jonah Andrianantoanina constate qu’une grande partie de la préparation des données d’entraînement utilisées par des entreprises françaises spécialisées dans l’IA est réalisée dans le pays. Ces atouts restent toutefois à concrétiser, notamment grâce à une meilleure connectivité Internet. « Sans un Internet accessible à tous, ces atouts resteront vains », soutient l’économiste, qui estime par ailleurs que la réforme législative actuelle va complètement changer la donne.
Mise à jour
D’abord, parce qu’il est avant tout question d’adapter le texte aux réalités actuelles. En effet, la réforme envisagée répond à la nécessité de mettre à jour un cadre réglementaire qui ne correspond plus aux réalités technologiques et économiques actuelles. La législation en vigueur date de 2005, à une époque où moins de 1% de la population malgache utilisait Internet. Aujourd’hui, cette proportion dépasse les 20%, tandis que les smartphones, les services numériques et les paiements mobiles ont profondément transformé les habitudes des consommateurs. Le nouveau projet de loi entend notamment mettre fin à ces contraintes en établissant les mêmes règles pour l’ensemble des acteurs. Il prévoit cinq catégories de licences attribuées par procédure concurrentielle, ainsi qu’un renforcement de l’indépendance de l’Autorité de régulation des technologies de communication (ARTEC). Pour Jonah Andrianantoanina, ces dispositions pourraient contribuer à améliorer l’environnement des investissements et à élargir l’accès aux services numériques.
R.Edmond.


