
L’ensemble des installations des marchands autour du lac de Behoririka est entièrement démoli. Cependant, une partie des marchands n’est pas encore décidée à partir et à investir le nouveau site proposé par la commune urbaine d’Antananarivo.
Hier, quelques étals ont encore été aperçus sur place, les marchands essayant tant bien que mal d’attirer des clients. Un baroud d’honneur, sans doute, car cette démarche de « réinstallation » a peu de chances d’aboutir, dans la mesure où d’importants travaux seront menés incessamment sur les lieux. La présence d’occupants sur le site entrave le déroulement des travaux et les expose à des dangers.
Cette démarche des marchands récalcitrants ne semble pas avoir obtenu la sympathie du public, la grande majorité étant favorable à l’assainissement de ce lieu. En effet, le lac de Behoririka, qui fait office de bassin de rétention des eaux pluviales, a perdu une partie non négligeable de sa superficie et de sa capacité de rétention en raison des remblais illégaux effectués autour de ses rives, auxquels s’ajoutent les tonnes de déchets générés et laissés par les marchands. Le tout a eu raison du bon fonctionnement des voies d’évacuation des eaux. Une quinzaine de voies situées autour du lac sont actuellement totalement bouchées, ce qui est à l’origine des inondations fréquentes à Behoririka lors des pluies abondantes.
De son côté, « Tsena vao », à Behoririka, nouveau site indiqué par la municipalité pour accueillir les marchands délogés du lac, commence à voir arriver de nouveaux occupants. Des marchands de chaussures, de confections textiles et d’autres produits ont commencé à ériger des box et à exposer leurs marchandises, tout en reconnaissant que ce nouvel emplacement sera difficile à faire connaître en raison de la rareté des clients. Plusieurs mois sont nécessaires pour habituer les clients à ce nouvel emplacement et les fidéliser. Les acheteurs potentiels, en revanche, affirment n’avoir aucune réticence à l’idée de venir faire leurs achats dans ce lieu, afin de ne pas encourager les marchands informels toujours installés dans les rues.
Hanitra R.



