
Le député élu dans le district d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, est de nouveau monté au créneau pour interpeller le régime en place sur ce qu’il qualifie sans la moindre hésitation d’état d’égarement politique manifeste.
Pour le leader du parti FIVOI, l’un des maux majeurs qui gangrènent la gouvernance actuelle réside avant tout dans l’absence totale de cap stratégique clairement défini. « L’un des principaux problèmes auxquels est confronté le régime actuel est l’absence d’objectifs clairs et d’un calendrier précis pour les atteindre », a tenu à souligner avec fermeté Antoine Rajerison, mardi dernier. Et de poursuivre, incisif : « Résultat, le pouvoir actuel semble avoir perdu ses repères, si bien qu’on ne sait plus où il en est ni où il veut vraiment conduire le pays ». Une critique frontale et assumée dans un paysage politique national où, faute d’une opposition structurée et pleinement déclarée, de telles voix dissonantes restent rarissimes.
Déconnectées
Si la classe politique dans son ensemble semble observer un silence prudent, voire cautionner par son inaction l’état actuel des choses, le parlementaire d’Arivonimamo s’impose de longue date comme l’un des très rares politiciens à émettre publiquement des analyses critiques assorties de propositions concrètes à l’endroit des tenants du pouvoir. Pour l’élu, cette perte de repères institutionnels se traduit au quotidien par une inflation de déclarations d’intention déconnectées de toute réalité et sans suite effective. « Il affirme vouloir toucher à tous les secteurs. Les déclarations et les promesses sont nombreuses, mais leur mise en œuvre ne suit pas », insiste-t-il avec force. Selon sa lecture acérée de la situation, la gestion des affaires de l’État s’apparente désormais à une dangereuse navigation à vue. « Quand on perd ses repères, on dit tout ce qui nous passe par la tête et on se concentre sur les problèmes ponctuels qui se présentent, sans qu’il y ait de véritable feuille de route suivie », déplore le député, pointant du doigt les limites objectives d’un pilotage au jour le jour.
Processus
Mais au-delà de la gestion courante des affaires et des aléas économiques du moment, c’est le processus même censé fonder la Refondation nationale qui inquiète au plus haut point le parlementaire. L’élu pointe notamment le flou artistique qui entoure les étapes jugées fondamentales du changement institutionnel tant promis aux citoyens malgaches. « Ce qui inquiète le plus, c’est l’étape fondamentale qui devrait porter le changement : la concertation nationale, la révision de la Constitution, le référendum et les élections. La feuille de route et le calendrier pour leur réalisation ne semblent plus clairs du tout », s’alarme Antoine Rajerison. Pour le leader du FIVOI, il est plus que temps de sortir des effets d’annonce et de la rhétorique politicienne stérile. « L’avenir de la Nation ne doit pas dépendre de promesses verbales. Il faut un calendrier clair et des étapes rigoureuses à suivre, et le peuple doit savoir où nous en sommes réellement », conclut-il avec solennité, jetant ainsi un nouveau pavé dans la mare des hautes instances dirigeantes.
Julien R.



