
Plus de 1 000 milliards d’ariary de subventions sont absorbés par la Jirama. Face à cette charge considérable, un ajustement tarifaire ciblé s’inscrit dans une stratégie de redressement destinée à rétablir durablement l’équilibre financier de l’entreprise.
Le redressement de la Jirama devient une nécessité économique autant qu’une exigence de service public. En une année, l’État mobilise plus de 1 000 milliards d’ariary pour combler les déficits de la société nationale et assurer la continuité de la fourniture d’électricité et d’eau, deux services essentiels pour la population. Une charge considérable pour les finances publiques, alors que les besoins demeurent immenses dans l’éducation, la santé, les infrastructures et les autres secteurs prioritaires. Dans ce contexte, un ajustement tarifaire de 10% est prévu pour les abonnés à l’électricité relevant des catégories « Confort » et « Super Confort », conformément au plan de redressement financier 2025-2028. Les catégories « Sociale » et « Économique », destinées notamment aux ménages les plus vulnérables, ne sont pas concernées. L’objectif consiste à renforcer progressivement les recettes de l’entreprise, sans faire supporter indistinctement l’effort à l’ensemble des consommateurs. Cette orientation répond également à une réalité économique : selon les données du plan de redressement, le prix moyen de vente de l’électricité était de 631 ariary par kilowattheure en 2024, contre un coût moyen de production de 729 ariary. Un déséquilibre qui contribue à entretenir la dépendance financière de la Jirama envers l’État.
Une solution durable
L’ajustement tarifaire ne constitue toutefois qu’un volet d’une réforme beaucoup plus profonde. Le plan de redressement prévoit notamment la réduction des pertes techniques et commerciales, l’amélioration du recouvrement des factures, la maîtrise des dépenses d’exploitation, la renégociation de certains contrats et le développement des énergies renouvelables. Autant de mesures destinées à diminuer les coûts de production, à renforcer les capacités de l’entreprise et à améliorer progressivement la qualité du service. Pour les consommateurs, l’effort tarifaire doit ainsi trouver sa contrepartie dans une alimentation électrique plus stable, des interruptions moins fréquentes et une meilleure prise en charge des besoins. Pour l’État, l’enjeu dépasse largement l’équilibre financier d’une entreprise publique. Il s’agit de rompre progressivement avec un système de subventions récurrentes qui limite les marges budgétaires et réduit les possibilités d’investissement dans d’autres secteurs essentiels. La réussite du redressement permettra, à terme, de consacrer davantage de ressources publiques aux priorités de la Refondation et à la relance économique, tout en garantissant la pérennité du service fourni par la Jirama.
Antsa R.



