Apparemment, les habitants en milieu rural dans le sud se trouvent déjà depuis quelques années au fond du gouffre sans que l’Etat ne s’en aperçoive, clament-ils. Conscient de ce fait, les OSC (Organisation de la Société Civile) ont amené deux témoins pour constater les dérives (rackets, corruption, meurtres demeurés impunis de civils) commises par les forces de l’ordre, en donnant des détails, exemple fréquent, comme la création pure et simple de plaintes contre des civils demeure le mécanisme choisi par ces dernières, pour leur soutirer de l’argent par millions. Au cas où la victime de rackets et de corruptions ne donne rien ou résiste ou porte plainte, elle est alors abattue et / ou fait l’objet de représailles pouvant aller jusqu’à l’élimination physique. Ce genre de rackets et de menaces de la part de ces forces de sécurité véreuses alimente un environnement très malsain car les victimes sous pression et qui ont peur d’être enfermée en prison, avec ou sans raison, répondent positivement à ces demandes et, sans moyens pour assurer, volent les biens des autres (zébus, ect…) pour pouvoir payer. Il ne s’agit pas pour les témoins d’aller à l’encontre des procédures judiciaires, si elles existent : mais il y a trop d’exactions vis-à-vis des civils, qu’ils fussent innocents ou coupables. L’un d’eux a parlé d’un enfant qui a volé un pain de 100 Ar. L’enfant a été supprimé le lendemain du constat. Des témoignages apportés par des personnes très respectées par ses compatriotes Bara, durant la conférence de presse donnée lundi dernier à Antaninarenina nous ont permis de constater qu’un cercle vicieux s’est créé à l’infini dans cette zone. Ils ont également évoqué que les poursuites sans distinction entre les villageois et les dahalo entraînent un trouble psychologique pour les villageois. Ayant peur à l’idée de rencontrer des gendarmes, la population fuit dans la forêt et dans la nature, et en voyant cette fuite, certains gendarmes considérant qu’ils sont des dahalo, brûlent et rasent sur le champ le village. « Quant aux autorités locales, ils reconnaissent les exactions mais elles finissent par s’arranger entre elles, un véritable abus de pouvoir », disent-ils. Les Organisations de la Société Civile s’engagent donc à adhérer à toutes initiatives et actions visant à mettre en place un cadre de dialogue afin de rétablir et de renforcer un climat d’apaisement pour renforcer la cohésion sociale.
Narindra (Stagiaire)




