Le projet de loi sur l’amnistie sera examiné bientôt par les parlementaires. Pour cela, Nary Ravonjy, père du Grand Pardon, veut mettre les points sur les « i » en estimant que rien ne sera en marche sans la réconciliation nationale. Interview.
Midi : Où en êtes-vous avec le Grand Pardon ?
Nary Ravonjy : « Le Grand Pardon a été initié en 2006, mais n’a pas encore connu d’achèvement. Nous allons profiter de l’examen par les parlementaires du projet de loi sur l’amnistie pour le relancer. En effet, nous savons très bien que l’amnistie relève du domaine de la loi et que ces élus ont les pleins pouvoirs à modifier la situation actuelle. Nous,du Grand Pardon,recommandons que les membres du FFM se dotent de l’autorité morale. Je signale pourtant que la réconciliation devrait se faire avant la crise et non après sinon le FFM serait une machine distributrice d’amnistie ».
Midi : Vous projetez une réconciliation entre les politiciens ou entre les Malgaches ou entre qui et qui ?
N.R : « Les politiciens sont les acteurs des crises. C’est pour cela que le FFM devrait se doter de cette autorité morale. Je rappelle que la FFM n’a pas de légitimité, mais uniquement la légalité, contrairement à la FFKM qui a la légitimité et non la légalité. Nous avons proposé dernièrement que les deux conseils devraient s’unir pour mener à bien la réconciliation. Entretemps, il y a eu la conférence nationale projetée par le FFM, mais je m’interroge pourquoi cela n’a pas été effectué alors qu’au niveau régional, elle a pu être réalisée ».
Midi : Que proposez-vous de ce fait ?
N.R :« Le FFM devrait rappeler les cinq anciens présidents avec Ratsirahonana Norbert Lala parce qu’il a également été à la tête du pays durant un certain temps pour se remettre autour d’une table afin qu’il y ait véritablement réconciliation nationale. Mais je tiens à préciser que le nombre des membres doit rester à 44 et que les membres du FFM doivent être des gens intègres. D’ailleurs, le FFM sera une institution qui temporisera la vie des Malgaches. Il sera érigé en un levier du développement et de la réconciliation nationale. Rien ne marchera sans la réconciliation nationale».
Propos recueillis par Aina Bovel




