
A l’approche du Sommet de la Francophonie, l’homme sort de son silence. Interview.
Midi : Votre avis face aux revendications et critiques qui fusent de partout concernant la mauvaise préparation, l’organisation et l’impact de ce Sommet ?
Fetison Rakoto Andrianirina : « Nous avons été méprisés pendant trois ans par nos dirigeants, alors il faut considérer que l’accueil et l’organisation de réunions internationales de haut niveau comme le Comesa ou la Francophonie par exemple, les poussent et les obligent à renforcer nos infrastructures, à se pencher davantage sur nos conditions de vie. Ils ont besoin de laisser une impression de bonne gouvernance auprès de leurs homologues étrangers. Et, après tout, c’est l’image de Madagascar que nous sauvegardons, alors va pour la trêve politique ».
Midi : Certains estiment en revanche que ce sera l’occasion de démontrer l’incompétence de nos dirigeants ?
F.R.A. : « Il est naïf de penser que nos partenaires ou nos honorables invités attendent à être dans le pays pour être au courant de notre honteuse pauvreté. Leur venue permettra tout simplement de confirmer ce qu’ils savent déjà. Alors, profitons-en pour faire le marketing de nos richesses naturelles autrement, de même au plan culturel, de l’art, de la cuisine, du folklore… Trente Chefs d’Etat seront attendus dont le Président français et le Roi du Maroc, deux pays qui ont des liens historiques ineffaçables avec notre pays. Un raffermissement de nos relations donnera un sens à l’histoire. Bref, je dirais qu’à l’heure des regroupements, les francophones doivent se rassembler dans un espace homogène sans pour autant être divers et variés comme les anglophones ».
Midi : Sur le plan international, que pensez-vous de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ?
F.R.A. : « Le peuple américain a manifesté sa souveraineté par ce choix qu’il pense pouvoir lui donner un avenir meilleur. Il est vrai que le taux d’abstention a atteint 36% mais le résultat est là. L’économie mondiale va être déstabilisée certes, tout comme les relations de plusieurs pays avec les Etats-Unis mais le peuple s’est exprimé et le sort est jeté. Madagascar n’échappera pas aux éventuelles conséquences, bonnes ou mauvaises ».
Midi : Justement, nombre de gens y compris nos responsables politiques craignent un nouveau désastre dans les relations américano-malagasy…
F.R.A. : « Pourquoi tant d’appréhensions ? A ce stade, on ne peut rien prédire de ce que le nouveau pouvoir américain va réviser de sa politique étrangère. Vous savez, le poids des responsabilités qui pèse sur un Président a toujours eu raison sur l’enthousiasme né lors des propagandes. Seul un Président élu qui saura allier la tenue des promesses faites aux électeurs et la gestion des dures réalités du pouvoir s’en sortira vainqueur. Pour le cas présent, Madagascar se relèvera davantage si nos dirigeants cherchent plutôt à réduire notre dépendance économique par rapport aux autres pays. Nous en avons la capacité ».
Propos recueillis par R.O




