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jeudi, janvier 22, 2026
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Pratiques politiques : Alternance dans les prisons

Marie Michelle Sahondrarimalala séjourne depuis lundi à la prison manarapenitra d’Avaradrano.

Les actuels tenants du pouvoir sont-ils en train de répéter les mêmes erreurs commises par le précédent régime ?

Trois grandes figures du régime Volomboasary, connues et reconnues comme étant de proches collaborateurs de l’ancien président Andry Rajoelina, séjournent actuellement en prison. Il s’agit de Richard Ravalomanana, officier général quatre étoiles, non moins ancien chef d’État par intérim et ancien secrétaire d’État à la Gendarmerie ; de Sahondrarimalala Marie Michelle, magistrate de premier grade, ancienne ministre de l’Éducation nationale et directrice de campagne d’Andry Rajoelina durant l’élection présidentielle de 2023 ; ainsi que de Rinah Rakotomanga, ancienne directrice de la communication de la Présidence de la République et conseiller d’ambassade en Chine. Le premier est incarcéré à Imerintsiatosika, la seconde dans la prison d’Avaradrano, tandis que Rinah, ancienne journaliste arrêtée au début du mois de novembre 2025 à Antetezambaro, Toamasina, est à Antanimora. Pour le moment, ces trois anciens hauts responsables sont sous mandat de dépôt, car aucune condamnation définitive n’a encore été prononcée à leur encontre. Beaucoup d’observateurs estiment que ces personnes sont victimes d’un règlement de comptes politique. Leur point commun, c’est que leur sort reste incertain, suspendu à la mise en œuvre d’une éventuelle feuille de route ou d’un accord politique qui devrait permettre le retour au pays des exilés politiques et la cessation des poursuites contre les partisans de l’ancien régime. Pour l’heure, on constate que les tenants du pouvoir de refondation se défilent et manœuvrent pour éluder cette exigence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur la nécessité d’une sortie de crise consensuelle et inclusive.

Grâce présidentielle. On voit en tout cas que les tenants du pouvoir de refondation sont en train de répéter ce que l’on avait reproché au précédent régime. Juste avant de quitter le pouvoir et le pays, le président déchu Andry Rajoelina avait pris un décret octroyant une grâce présidentielle à 8 prisonniers politiques, à savoir Paul Maillot Rafanoharana, Philippe François, Voahangy Andrianandrianina, Fernand Cello Avimana, Lôla Rasoamaharo, l’opérateur économique Mbola Rajaonah, Jean-Luc Djavodjozara et Sylvestre Mahavitara. Après le départ d’Andry Rajoelina, plusieurs prisonniers ont aussi recouvré la liberté de différentes manières. En tout cas, en termes de pratiques politiques, on peut affirmer qu’aucun changement n’a été opéré. L’alternance dans les prisons et les vengeances politiques se poursuivent, au détriment du Fihavanana, de la solidarité et de l’union nationale, qui semblent bafoués.

Chasse aux sorcières

Cette pratique a gangrené le pays depuis la crise de 2002, durant laquelle une véritable chasse aux sorcières avait été lancée contre les partisans de feu Didier Ratsiraka, alors que ce dernier était renversé du pouvoir par son rival Marc Ravalomanana. Parmi les victimes des persécutions politiques à l’époque figuraient Tantely Andrianarivo, Betsimifira Fredo, l’ex-gouverneur de Fianarantsoa Emilson, le Gal Jean-Paul Bory, Joseph Sydson, Ndrianasolo, l’ex-gouverneur du Boeny Étienne Hilaire Razafindehibe, le Gal Victor Ramahatra, l’ex-gouverneur de Tamatave Lahady Samuel, ainsi que plusieurs officiers, dont le Gal Boba, le colonel Coutiti Assolant, le Gal Fidy, le Gal Bolo et Andrianafeno,sans oublier les parlementaires tels que Pety Rakotoniaina et Voninahitsy Jean Eugène. Au total, plusieurs centaines de personnes ont été incarcérées après les événements de 2002. Puis, en 2009, ce fut au tour des proches collaborateurs et partisans de Marc Ravalomanana de passer par la case prison. Une centaine de personnalités politiques et de militaires figuraient dans la liste. On peut citer parmi eux Fetison Rakoto Andrianirina, Harinaivo Randrianantoandro, Ralitera Andrianandraina, Naika Eliane, Guy Maxime Ralaiseheno, Pasteur Valisoa, Henri Randrianjatovo et consorts. Ces règlements de comptes politiques constituent une preuve de la mauvaise pratique politique existant à Madagascar. Durant la manifestation du mois de septembre-octobre 2025, les membres de la GEN Z ont réclamé un véritable changement, car nul n’ignore que la refondation devrait permettre la rupture avec toutes les mauvaises pratiques du passé. Pourtant, pour le moment, tout semble indiquer que l’objectif du « tolona » est loin d’être… atteint.

Davis R

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