Les Assises pour la relance économique seront lancées officiellement le 19 janvier 2026. Pour ses initiateurs, il s’agit d’une méthode pour refonder la relation entre l’État et le secteur privé, fixer un cap et enclencher des réformes suivies.
Le contexte impose l’action. La productivité nationale reste en deçà des standards régionaux, autour d’un cinquième de la moyenne africaine, alors que la croissance est estimée à 3,5 % en 2025. Les secteurs économiques avancent à des vitesses différentes. Le tertiaire progresse, porté par le tourisme, avec une hausse de 10 % dans l’hôtellerie et la restauration. À l’inverse, le secondaire recule, fragilisé par les coupures d’électricité, quand le primaire progresse plus modestement, exposé aux chocs climatiques. La logique annoncée combine urgence et horizon. À court terme, l’ambition est de restaurer la confiance des investisseurs et de relancer l’investissement à travers un Pacte national de relance économique. À moyen terme, au-delà de 2027, il s’agit de jeter les bases d’un contrat économique inclusif, soutenu par un cadre macroéconomique stable et par des réformes orientées vers la création de valeur. Le calendrier a été dessiné pour favoriser la participation.
Processus. Du 19 au 30 janvier 2026, des consultations sont prévues dans l’ensemble des régions, avec la présence attendue du gouvernement, du secteur privé, des chambres consulaires, des partenaires techniques et financiers, de la société civile, de la diaspora, des jeunes entrepreneurs et du secteur informel. Les 3 et 6 février 2026, deux rendez-vous de dialogue public-privé doivent permettre de prioriser et de préciser les engagements réciproques. Au terme du processus, les Assises visent un résultat concret. Le Plan national pour la relance doit articuler un plan macroéconomique de stabilisation piloté par le ministère de l’Économie et des Finances, un paquet de mesures de compétitivité et de création de valeur porté par le ministère de l’Industrialisation et du Développement du secteur privé, ainsi qu’un contrat de performance État-secteur privé fondé sur des engagements clairs. Un mécanisme de pilotage et un suivi d’indicateurs sont annoncés pour suivre l’exécution et mesurer les progrès. Le suivi devra rendre visibles les premiers résultats. La semaine prochaine, l’enjeu sera donc moins de produire des intentions que de transformer un diagnostic partagé en décisions applicables, puis en investissements observables, capables d’améliorer la productivité et de créer des emplois durables.
Antsa R.


