Depuis la mise en place de l’ajustement structurel à Madagascar, l’État s’est désengagé du système de vulgarisation et de conseil agricoles.
Ce système constitue pourtant un des leviers indispensables permettant au secteur agricole de faire face à de nombreux défis tels que la vulnérabilité climatique, la faible productivité et l’accès restreint aux innovations, tout en modernisant les chaînes de valeur. « Pour pouvoir atteindre l’autosuffisance alimentaire, l’État va reprendre la vulgarisation des bonnes pratiques et des nouvelles technologies ainsi que le conseil agricole, pour que les agriculteurs et les éleveurs puissent en bénéficier », a déclaré le ministre de tutelle Rasatarimanana José lors de l’ouverture de la première édition de la Semaine de la vulgarisation agricole intitulée « Extension Week », hier à l’hôtel Carlton.
À grande échelle. Il a enchaîné que les résultats de recherche produits par des instituts nationaux comme le centre FOFIFA et internationaux seront également vulgarisés à grande échelle. « La valorisation des formateurs et des paysans relais s’avère importante. Pour ce faire, nous allons ainsi mettre à la disposition des producteurs des semences résilientes aux aléas climatiques et à la prolifération des maladies et des insectes, ainsi que des semences adaptées aux conditions climato-pédologiques de leurs zones d’exploitation. Les cheptels adaptés à chaque région seront également vulgarisés. Ces actions visent à augmenter les rendements et la productivité en vue d’améliorer les revenus des producteurs tout en contribuant à la relance économique », a-t-il fait savoir.
Modèles de vulgarisation. Cet événement « Extension Week » s’inscrit également dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de la vulgarisation et du conseil agricole. L’objectif est de créer une plateforme de concertation entre les acteurs publics, le secteur privé et les différents instituts de recherche nationaux et internationaux, ainsi que les partenaires de développement, en vue de renforcer une interconnexion entre la recherche scientifique et les besoins sur le terrain. Cette initiative contribue également à l’identification de modèles de vulgarisation orientés vers le marché. La promotion des innovations numériques facilitant l’accès des producteurs aux opportunités commerciales n’est pas en reste.
Accès aux technologies. La présidente du « Tranoben’ny Tantsaha » à Madagascar, Razafimbololona Angeline, pour sa part, a également affirmé que les résultats de recherche sont indispensables à l’amélioration de la production des paysans. « Nous en avons besoin pour faire face aux nombreux défis économiques et climatiques, mais ces résultats de recherche restent peu connus en milieu rural. Raison pour laquelle cette vulgarisation et ce conseil agricole s’avèrent indispensables pour que chaque producteur puisse avoir accès aux nouvelles technologies agricoles », a-t-elle conclu.
Navalona R.




