
Derrière les milliards de dollars engagés à Madagascar, ce sont d’abord des visages : élèves, mères de famille, enfants malnutris, ménages très pauvres. La revue du portefeuille de la Banque mondiale a mis en lumière l’ampleur des projets consacrés au développement humain, au cœur du partenariat avec l’État malgache. Dans le secteur de l’éducation, le projet TALIM (Transformer l’accès et l’apprentissage à Madagascar), doté de 150 millions de dollars, vise à améliorer l’achèvement du primaire et à professionnaliser le corps enseignant. Au programme : 4,14 millions de manuels scolaires pour les classes T3, T4 et T5, 480 000 dictionnaires, 10,15 millions de cahiers d’exercices et 24 000 smartphones pour accompagner la digitalisation des écoles. Le projet ambitionne de former 80% des enseignants du primaire – FRAM, contractuels et fonctionnaires – ainsi que 27 000 directeurs d’écoles publiques, tout en prévoyant 26 000 nouveaux postes budgétaires et la subvention de 22 000 enseignants FRAM. La construction de 2 280 salles de classe, de cantines scolaires pour 24 000 élèves et de centaines de points d’eau et latrines complète ce dispositif.
Résilience
La lutte contre la pauvreté extrême s’appuie sur le Projet de Filets de Sécurité Sociale (PFSR), financé à hauteur de 230 millions de dollars jusqu’en mars 2027. Au 31 octobre 2025, 61% des fonds étaient déjà décaissés. Plus de 1,63 million de femmes, sur les 1,97 million ciblées, bénéficient de transferts monétaires. Le projet contribue aussi à maintenir les enfants à l’école : 96% des enfants en âge de fréquenter le primaire y vont au moins 80% du temps. Les activités « argent contre travail » ont généré plus de 8,16 millions d’homme-jours d’emploi, tout en finançant des actions de reboisement et de conservation des sols. Sur le front de la nutrition et de la santé, le PARN 2 (85,6 millions de dollars, 88,1% de décaissement) et le projet de préparation aux pandémies (PPSB) renforcent le système de santé, modernisent 773 centres de santé de base, équipent plus de 7 000 sites communautaires et protègent financièrement 3,28 millions de bénéficiaires grâce à un système de vouchers. De la prévention de la malnutrition chronique à la riposte aux crises sanitaires, ces programmes illustrent une même priorité : investir dans le capital humain pour préparer l’avenir de Madagascar.
Antsa R.





