Le mal est là. 3 contaminés confirmés sont sur notre sol. L’inviolabilité de notre insularité est un mythe qui s’effondre à jamais. Tout comme le « rano rano ! » contre les balles ennemies transformées en eau. Seules persistent des guéguerres politiques et des croyances qui ont la dent dure. Pour les premières, les moindres défaillances des uns deviennent des victoires éclatantes pour les autres et l’opinion versatile, comme toujours, telle une girouette qui brasse fort l’air et balaie, aplatit les battus, du moment, jusqu’à la prochaine estocade de ces derniers. Ainsi va la vie démocratique comme nous l’entendons. Un jour blanc et le lendemain, noir. Puis, les croyances dites populaires qui ne se réduisent pas pour autant aux défavorisés socialement mais aussi latentes dans la pensée de la « crème » de la pyramide sociale. « La crasse et la promiscuité » rendent, dit-on, invulnérables aux maux les plus viraux. « Les plus faibles disparaissent naturellement et ne subsistent plus que les plus gaillards, mais dans l’absolu cette population reste stable car sa propension à augmenter, et à compenser du vide laissé est très forte » Tant et si bien que cette couche sociale reste omniprésente et vivace bien que méprisée et fasse envie en même temps aux autres membres de la société confortés dans les normes établies en matière d’hygiène et de santé publique. Et on se dit : « Cette maladie, devenue une terreur comme la peste noire est-elle grave ? En effet, si les plus démunis, les plus indigents peuvent survivre, elle n’épargne pourtant ni les ministres ni les hauts dirigeants de ce monde ? » Certains concluront stoïquement qu’on est dans la même logique parce qu’elle frappe, en premier, les plus exposés à la fatalité de la vie, c’est-à-dire la vieillesse. Mais cette fois avec ce coronavirus, on est devant non pas une maladie honteuse due à la saleté comme le choléra, la peste mais il n’y a pas de quoi se réjouir car faute de moyens, nous subirons plus que les pays riches de considérables victimes. Finalement, on peut résumer que cet incivisme qui nous colle à la peau ne peut qu’aggraver la situation et l’on ne peut nous en prendre qu’à nous-mêmes.
Pour couronner, au-delà des grands mots de solidarité et de patriotisme, l’indignation est générale avec ces petits profiteurs qui ont multiplié par 10 voire par 20 les prix du citron, de l’ail, du gingembre et même des feuilles d’eucalyptus blanc, tous utilisés comme remèdes au covid-19. Mais les éternelles « réponses à tout » vont dire encore que les avoirs de nos légendaires grandes fortunes vont bien enfler grâce au marché noir. Oui, c’est grave docteur !
M.Ranarivao