Madagascar veut tourner la page du charbon. La promotion des énergies propres s’impose désormais comme une priorité nationale.
Un atelier réunissant les partenaires techniques et financiers (PTF) engagés dans la cuisson propre s’est tenu jeudi dernier à l’Amphithéâtre « La Croix » à Ampandrianomby, à l’occasion de la Journée internationale de l’énergie propre. Au centre des échanges, la présentation de la vision et du programme triennal 2026-2028 consacré à la cuisson propre à Madagascar. Pour les organisateurs, l’objectif est d’accélérer la transition des ménages vers des solutions de cuisson moins polluantes, en agissant à la fois sur les habitudes en cuisine, la protection des forêts, la santé publique et la qualité de vie. Les chiffres avancés donnent la mesure de l’urgence. Selon les données partagées lors de l’atelier, 97 % des foyers malgaches utilisent encore le charbon de bois ou le bois de chauffe. Une dépendance qui se traduit par une déforestation estimée à 200 000 hectares par an, et par environ 18 000 décès annuels liés à l’exposition aux fumées et aux gaz émis par ces combustibles. À l’horizon 2030, le risque de disparition de 25 % des forêts restantes est évoqué comme une menace majeure.
Solutions multiples. Face à ce constat, les acteurs misent sur une approche structurée et diversifiée. Le dispositif est porté par la « Madagascar Clean Cooking Initiative » (MCCI), qui regroupe 53 membres répartis dans 13 régions. Six solutions principales sont mises en avant : la bioénergie, les combustibles modernes, les foyers améliorés, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), l’e-cooking et les technologies solaires. L’idée est d’élargir l’offre afin de répondre à la diversité des réalités locales, des niveaux de revenus et des besoins des ménages, tout en renforçant l’accessibilité et l’adoption progressive de ces alternatives. Prenant la parole, le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Ny Ando Jurice Ralitera, a réaffirmé la volonté de l’État de travailler de concert avec les partenaires et les opérateurs du secteur pour déployer ces solutions à grande échelle. « L’objectif est simple : opérer une transition vers l’énergie propre », a-t-il insisté, en mettant en avant les bénéfices attendus pour l’environnement, la préservation des forêts, la santé des ménages et l’amélioration des conditions de vie.
Antsa R.


